Le Premier ministre grec se dit serein face aux marchés

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par Alessandra Galloni MILAN, 17 octobre (Reuters) - Le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a déclaré vendredi que son pays allait apaiser les doutes des investisseurs quant à sa capacité à s'affranchir du soutien international, en précisant qu'il n'avait pas l'intention de convoquer des élections anticipées. Dans un entretien à Reuters, il a précisé qu'Athènes discutait avec ses créanciers de la meilleure manière de sortir progressivement du programme d'assistance en cours, auquel son gouvernement espère mettre un terme d'ici la fin décembre, soit avec un an d'avance. L'une des options envisageables, a-t-il dit, est une ligne de crédit qu'Athènes pourrait utiliser, une fois le plan d'aide terminé, en cas de turbulences sur les marchés. "Nous sommes en mesure de tenir debout tout seul. Nous avons les moyens de sortir du programme et nous nous y préparons (...) dans le cadre d'une coopération constructive avec les bailleurs de fonds en vue du 'jour d'après', d'après la sortie du programme", a déclaré Antonis Samaras en marge d'un sommet réunissant dirigeants européens et asiatiques à Milan. Les modalités d'une éventuelle ligne de crédit de précaution restent toutefois à préciser et la Grèce n'en a pas fini avec l'examen par ses bailleurs de fonds internationaux des mesures mises en oeuvre à ce jour. Il est donc encore loin d'être certain que la "troïka" accepterait de mettre des fonds à la disposition d'Athènes sans les assortir de conditions strictes. Antonis Samaras a également déclaré que la Grèce n'organiserait pas des élections législatives anticipées l'an prochain, une éventualité qui a contribué aux turbulences de ces derniers jours sur les marchés financiers, les investisseurs craignant que l'instabilité politique n'entrave les réformes. "Les élections auront lieu en juin 2016, au terme de la législature de quatre ans", a dit le Premier ministre. "Notre nouveau président sera élu au début de l'an prochain", a-t-il ajouté en référence au vote du parlement prévu début février pour élire le nouveau chef de l'Etat. "NOTRE PAYS A DÉJÀ PAYÉ UN PRIX ÉLEVÉ" Ce vote pourrait déclencher une crise conduisant à des législatives anticipées si Antonis Samaras n'obtenait pas le soutien nécessaire à l'élection de son candidat à la présidence. Pour l'instant, la majorité dont il dispose est largement insuffisante pour lui assurer une victoire et il a besoin du soutien de certains élus d'opposition. Il espère donc qu'une sortie anticipée du plan d'aide redorera son blason et incitera des parlementaires indépendants à voter pour son candidat. Trois jours de turbulences sur les marchés ont fait grimper jeudi le rendement des obligations grecques à 10 ans à plus de 9% et tomber la Bourse d'Athènes à son plus bas niveau depuis juillet 2013. L'un et l'autre se sont repris vendredi, le rendement à 10 ans revenant sous 8,1% GR10YT=RR et le marché actions rebondissant de 7,2% .ATG . Le gouvernement Samaras assure qu'il n'a pas besoin d'aide financière supplémentaire et rappelle que le fonds d'aide au secteur bancaire grec dispose encore de 11 milliards d'euros. Le Fonds monétaire international (FMI) est censé verser à Athènes quelque neuf milliards d'euros entre janvier 2015 et mars 2016, des versements qui seraient abandonnés en cas de sortie anticipée du programme. L'une des solutions envisagées pourrait être la mise en oeuvre par le Mécanisme européen de stabilité (MES) d'une ECCL (Enhanced Conditions Credit Line), autrement dit une "ligne de crédit assortie de conditions renforcées". Mais ces conditions supposeraient que la zone euro continue de surveiller l'action du gouvernement Samaras, ce dont celui-ci ne veut pas entendre parler. Les autorités grecques espèrent parvenir à un compromis, le programme de réforme gouvernement devant servir de garantie, explique-t-on de sources proches du gouvernement. Antonis Samaras a déclaré à Reuters que la Grèce resterait sur la voie de la "prudence budgétaire et des réformes structurelles". "Notre pays a déjà payé un prix élevé pour ses erreurs passées. Ne serait-il pas totalement injuste et contraire à toute logique que nous devions payer encore, et cette fois-ci pour notre réussite ?", a-t-il dit à Reuters. (avec George Georgiopoulos à Athènes, Benoit Van Overstraeten et Marc Angrand pour le service français)

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