Le Premier ministre grec n'exclut pas des élections anticipées

le , mis à jour à 15:31
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(Précisions, contexte) par Renee Maltezou et Angeliki Koutantou ATHENES, 29 juillet (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, face aux frondeurs de son parti, a déclaré mercredi qu'il pourrait être contraint d'organiser des élections législatives anticipées s'il ne disposait plus de la majorité nécessaire au Parlement. Il a également indiqué que son gouvernement ne mettrait pas en oeuvre des réformes au-delà de ce qui a été décidé lors de l'accord conclu à la mi-juillet à Bruxelles avec les créanciers de la Grèce. "Je serais la dernière personne à vouloir des élections si j'avais une majorité parlementaire assurée pour aller jusqu'au bout de mon mandat de quatre ans", a déclaré le chef du gouvernement lors d'une interview à une radio grecque. Il a précisé qu'un congrès exceptionnel de son parti de la gauche radicale, Syriza, pourrait avoir lieu début septembre. "Je connais bien le cadre de l'accord que nous avons signé au sommet de l'euro", a déclaré Alexis Tsipras à la radio Sto Kokkino. "Nous mettrons en oeuvre ces engagements, sans tenir compte du fait que nous soyons d'accord avec ou pas. Rien au-delà." Alexis Tsipras devra affronter jeudi les frondeurs de son parti lors d'un comité central de Syriza qui s'annonce houleux. Dans le même temps, il subit les pressions des créanciers de son pays qui le pressent d'agir vite sur les réformes, après les deux premiers trains de mesures approuvés ce mois-ci par la Vouli, le Parlement monocaméral grec. La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu inchangé mercredi le plafond de son mécanisme de fourniture de liquidités d'urgence (ELA) aux banques grecques, Athènes n'ayant pas demandé de nouvelle augmentation. La BCE avait relevé le plafond de 900 millions d'euros la semaine dernière, à près de 91 milliards d'euros, et des sources avaient alors laissé prévoir d'autres augmentations modestes. "BONNES CONDITIONS DE COOPÉRATION" La porte-parole de la Commission européenne, Nina Andreeva, a salué le bon déroulement des discussions sur le nouveau plan d'aide, ainsi que la coopération avec les autorités grecques. Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, a également jugé que les négociations se déroulaient bien, maintenant que le risque d'une sortie de la Grèce de l'euro est passé. "Les négociations se déroulent maintenant dans de bonnes conditions de coopération", a-t-il dit sur Europe 1. "Oui, le Grexit est derrière nous, on travaille ensemble. Mais pour aller au bout de la confiance, il faut parvenir à cet échange réformes contre programme et puis ultérieurement, nous traiterons aussi la question de la dette", a-t-il indiqué. Le commissaire européen a qualifié de "mensonge absolu" les accusations de l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis selon lesquelles les créanciers d'Athènes avaient pris le contrôle des services fiscaux grecs. L'universitaire marxiste a démissionné lorsque Tsipras a rejeté sa proposition radicale de créer un système de paiement parallèle pour contourner la fermeture des banques locales et l'imposition d'un contrôle des capitaux le 28 juin dernier. Bien qu'éloigné du pouvoir à présent, il n'en reste pas moins un souci pour le Premier ministre puisqu'il continue de tirer à boulets rouges sur le compromis d'aide financière, traitant les créanciers de colonialistes. Lors d'une réunion mardi du comité politique de Syriza, trois de ses onze membres ont exigé que le gouvernement rompe les négociations avec les créanciers. Panagiotis Lafazanis, le dirigeant de la Plate-forme de gauche, l'aile la plus radicale du parti, a également multiplié les attaques contre les partisans d'un nouveau plan d'aide, affirmant que ceux-ci voulaient écarter toute proposition alternative en cherchant à la "criminaliser". (Avec Deepa Babington à Athènes, Francesco Guarascio à Bruxelles et Yann Le Guernigou à Paris; Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)

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