Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy (d) reçoit le commissaire européen Olli Rehn, le 1er octobre 2012 à Madrid

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La Commission européenne a annoncé lundi qu'elle se "tenait prête" en cas de demande de sauvetage de l'Espagne, lançant le compte à rebours pour le pays, plus fragilisé que jamais, qui pourrait devenir le quatrième de l'Union européenne à bénéficier d'une aide globale.L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, est actuellement sous pression des marchés et d'une partie de ses partenaires européens pour demander son sauvetage financier, après un accord en juin sur une première aide pour ses banques.Mais le gouvernement assure ne pas avoir pris de décision, redoutant les strictes conditions qui lui seraient imposées en échange."La Commission européenne se tient prête à agir en cas de demande", a lancé le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, qui a rencontré à Madrid le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, et son ministre de l'Economie, Luis de Guindos, au premier jour d'une semaine qui pourrait être décisive."Il n'y a pas de demande de l'Espagne", a assuré le commissaire.La crise pourtant s'amplifie dangereusement pour le pays: nouveau dérapage du déficit malgré un budget de rigueur, emballement de la dette publique, fronde nationaliste en Catalogne, manifestations contre l'austérité."L'Espagne affronte plusieurs foyers de tension. Bien que le budget 2013 vise au respect de l'objectif de déficit de 4,5% du PIB, la demande d'assistance financière à l'Union européenne reste une inconnue", remarquent les analystes de Bankinter.La demande pourrait être précipitée par le verdict imminent de l'agence Moody's, qui menace de dégrader le pays au rang des emprunteurs à risques, avec pour conséquence une nouvelle plongée de la confiance des investisseurs."Le fort accroissement du poids de la dette peut provoquer, et les investisseurs redoutent que cela n'arrive cette semaine, la révision à la baisse de la note souveraine de l'Espagne", souligne la maison de courtage Link Securities."Cela rendrait beaucoup plus difficile le financement de l'Espagne sur les marchés et accélèrerait la demande de sauvetage".Car parmi l'avalanche de mauvaises nouvelles, le gouvernement de droite a dû admettre que les milliards d'euros d'argent public qui seront injectés dans les banques creuseront en 2012 la dette publique à 85,3% du PIB et le déficit à 7,4%, loin des 6,3% promis à l'Europe. Pour 2013, les perspectives s'aggravent encore: la dette devrait gonfler jusqu'à 90,5%."Si Moody's annonce qu'elle dégrade l'Espagne au niveau spéculatif, nous considérons presque impossible que le gouvernement continue à retarder sa demande d'aide", ajoute Link Securities, qui prédit: "La solution, dans quelques jours".Dans ce contexte brouillé, Madrid affronte un calendrier de plus en plus serré, avant une réunion de l'Eurogroupe le 8 octobre.Vendredi, le gouvernement a publié les résultats d'un audit indépendant sur les besoins des banques: la facture devrait se limiter à environ 40 milliards d'euros, sur une enveloppe maximum de cent milliards prévue par la zone euro.La publication de ces chiffres devait permettre de rassurer le marché.Mais l'annonce lundi par Banco Popular, la cinquième banque espagnole, d'une augmentation de capital allant jusqu'à 2,5 milliards d'euros, suivie par une plongée du titre, est emblématique de la fragilité persistante du secteur.Une fois connus les chiffres sur les banques, comme ceux du budget 2013, assorti de 39 milliards d'euros d'économies et d'un plan de 43 réformes, l'Espagne semble avoir anticipé de nouvelles exigences de Bruxelles avant un éventuel sauvetage.Mais Olli Rehn a déjà averti lundi: "la consolidation budgétaire doit continuer", "les choix n'en seront que plus difficiles s'ils sont reportés".Jeudi, le pays affrontera un nouveau test en tentant d'emprunter trois à quatre milliards d'euros, alors que la Banque centrale européenne (BCE), institution-clé pour résoudre la question espagnole, tiendra sa réunion mensuelle en Slovénie.La BCE a apaisé les marchés en dévoilant début septembre des mesures de soutien pour les pays fragiles de la région, via des achats d'obligations: mais depuis la tension est revenue et les taux d'emprunt espagnols sont repartis à la hausse.

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