Le Premier ministre britannique David Cameron à Los Cabos, au Mexique, le 18 juin 2012

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La taxation des riches a suscité une polémique à Los Cabos (Mexique) entre le Premier ministre britannique David Cameron, volontiers provocateur, et le président français François Hollande, qui s'est employé à apparaître plus concentré sur les problèmes économique du monde.Alors que les principales puissances de la planète, riches et émergentes, s'efforcent à Los cabos, où se tient le sommet du G20 (18 et 19 juin), de trouver des points d'accord pour sortir l'économie occidentale du marasme, Français et Britanniques se sont écharpés sur la fiscalitéS'exprimant lundi devant une assemblée de dirigeants d'entreprise à Los Cabos (Mexique), le Premier ministre britannique s'est dit prêt à accueillir les entreprises qui fuiraient l'impôt en France.Dans le viseur de celui qui se targue d'avoir baissé les impôts des contribuables les plus riches de son pays: le projet du président français de relever l'imposition des hauts revenus en France, un engagement pris pendant sa campagne et qu'il compte bien mettre en oeuvre."Quand la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu nous déroulerons le tapis rouge, et nous accueillerons plus d'entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni", a déclaré M. Cameron"Cela paiera nos services publics et nos écoles", a-t-il ajouté.Sur un mode qui se voulait neutre mais n'en témoignait pas moins d'un agacement certain, le président français l'a mardi renvoyé dans ses cordes, par presse interposée."Chacun doit être responsable de ce qu'il dit, je le suis. Dans un moment où la cohésion des Européens doit être forte, je ne ferai rien qui puisse l'ébrécher", a affirmé M. Hollande, au cours d'un point de presse à Los Cabos."Sur les politiques fiscales" française et britannique, "nous ferons la comparaison", a-t-il quand même ajouté."Les Anglais moins bien élevés qu'autrefois"Mi-sérieux mi-plaisantant, un membre de sa délégation a renchéri: "les Anglais sont beaucoup moins bien élevés qu'autrefois!", le même s'amusant à qualifier désormais le Premier ministre britannique de "M. Tapis rouge".La veille, interrogé par les journalistes, le ministre français du Travail et de l'Emploi, qui accompagne le chef de l'Etat à Los Cabos, avait choisi le mode ironique. "je pense que c'est un propos qui lui a échappé!", s'est-il exclamé.A Los Cabos, la polémique faisait long feu, tandis que tous mettaient la dernière touche au communiqué final du sommet reflétant leur préoccupation pour l'économie européenne. Mais à Londres comme à Paris, les réactions allaient bon train."Le Premier ministre qui répondait à une question plaisantait à moitié, mais il y a un point sérieux dans ce qu'il a dit en termes de régime fiscal compétitif", a déclaré un porte-parole du bureau du Premier ministre, à Londres.Pour le mouvement patronal britannique Ethic, la "déclaration provocante" de David Cameron "tombe au bon moment". Il enfonce le clou "sur un constat que les Français refusent: les Etats aussi sont en concurrence, notamment fiscale, et ce même dans l'Union européenne", assène-t-on de ce côté du "Channel".Son équivalent français, le Medef, a ironisé sur le "style direct des Anglais et de David Cameron en particulier". Mais "pas question que l'esprit entrepreneurial soit un monopole de nos amis britanniques", a ajouté sa présidente, Laurence Parisot.De Paris également, le ministre français des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, s'est dit "confiant" dans le patriotisme des patrons.

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