Le Premier ministre australien défié par un de ses ministres

le
0

(Actualisé avec réaction d'Abbott, contexte) CANBERRA, 14 septembre (Reuters) - Le ministre australien des Communications, Malcolm Turnbull, réclamant un changement de cap politique, s'est porté candidat lundi à la succession du chef du gouvernement, Tony Abbott, à la popularité en berne. Ancien entrepreneur ayant fait fortune dans les nouvelles technologies, Turnbull reproche au Premier ministre d'être dans l'incapacité de faire face aux difficultés économiques du pays. "Le Premier ministre n'a pas été en mesure d'apporter les réponses dont notre pays a besoin dans le domaine de l'économie. Il n'a pas été à même de créer le climat de confiance nécessaire au monde de l'entreprise", a-t-il déclaré à la presse à Canberra. "Ce qu'il nous faut, c'est un style de gouvernement différent", a-t-il ajouté, précisant qu'il briguait la tête du Parti libéral (conservateur). Quelques heures avant la sortie de Turnbull, Abbott minimisait les rumeurs, refusant de se laisser aspirer par "les ragots et les jeux politiques de Canberra". Il a réagi à l'annonce de Turnbull en déclarant qu'il serait candidat à sa propre succession et que le vote interne au sein du Parti libéral aurait lieu dès ce lundi soir. "Il y a aura un vote ce soir pour les postes de chef et de numéro deux du parti. Je serai candidat et je m'attends à l'emporter", a-t-il dit. Le Premier ministre, au pouvoir depuis septembre 2013, était déjà apparu affaibli par la fronde d'une partie des députés libéraux en février dernier. Il avait réussi à mettre en échec une motion de censure interne, mais les médias australiens avaient alors été unanimes à le juger trop fragilisé pour continuer à diriger le pays efficacement, compte tenu du nombre important de cadres du parti qui avaient alors voté contre lui. (voir ID:nL5N0VI12X ) Ces querelles internes ont eu pour effet d'affaiblir le Parti libéral, largement devancé dans les sondages par l'opposition travailliste. Devant la presse, Malcolm Turnbull a précisé lundi qu'il prenait l'initiative de défier Abbott après avoir été pressé de le faire "par un grand nombre de gens et depuis longtemps". D'après des médias australiens, la ministre des Affaires étrangères, Julie Bishop, aurait elle aussi prévenu le Premier ministre qu'elle lui retirait son soutien. Si Malcolm Turnbull parvient à ses fins, l'Australie en sera à son cinquième Premier ministre en huit ans et Tony Abbott deviendra le troisième chef de gouvernement limogé à la suite d'une fronde interne depuis 2010, après ses prédécesseurs travaillistes Kevin Rudd et Julia Gillard. (Matt Siegel et Lincoln Feast; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant