Le premier gouvernement Hollande s'esquisse en coulisses

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Le premier gouvernement Hollande s'esquisse en coulisses
Le premier gouvernement Hollande s'esquisse en coulisses

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Les grandes manoeuvres ont commencé en vue de la formation d'un gouvernement respectueux de la parité hommes-femmes et ouvert à la diversité, selon le voeu de François Hollande qui pourrait confier les clés de Matignon à un proche, Jean-Marc Ayrault.

Selon le voeu du nouveau président, le nom du Premier ministre et le degré d'ouverture à des sensibilités écologistes ou communistes dépendra de l'analyse de l'entre-deux tours et des résultats de dimanche.

"Une marge plus importante donne plus de capacité à agir. Si la majorité est courte, cela oblige à davantage de rassemblement", expliquait-il la semaine dernière.

Pour le poste de nouveau chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry font figure de favoris.

Germanophile et germanophone, le député-maire de Nantes et président du groupe PS à l'Assemblée nationale connaît par coeur les rouages du Parlement et s'entend bien avec le nouveau président, répondant ainsi à deux conditions posées par ce dernier pour diriger le gouvernement.

Dans les sondages, c'est la première secrétaire du PS qui est plébiscitée pour devenir la deuxième femme Premier ministre après Edith Cresson. Finaliste de la primaire PS, où elle n'a pas ménagé ses critiques envers François Hollande, la maire de Lille a été fair-play durant toute la campagne.

"Cela me fait plaisir de voir que les Français me font confiance, sans doute apprécient ce que je suis, avec mes défauts, je dis ce que je pense, mais aussi avec une vraie honnêteté et puis apprécient aussi le travail qui a été fait", déclarait la fille de Jacques Delors jeudi dernier à Toulouse.

Les noms de Manuel Valls et de Pierre Moscovici, respectivement directeur de communication et directeur de campagne du candidat Hollande, sont aussi cités pour prendre la tête d'un gouvernement au profil encore flou.

INCONTOURNABLES ET INTRIGANTS

"Si on nomme tous les incontournables, tous les intrigants, toutes les minorités visibles, il n'y aura plus de place pour les gens normaux", déplorait avant le second tour un membre de l'équipe de campagne, un oeil vers "ceux qui dorment devant la porte" dans l'espoir d'avoir un poste.

Une autre élue insistait sur l'importance du renouvellement, jugeant qu'"on ne peut pas avoir un gouvernement dans lequel il y a trop de gens associés à Jospin ou Mitterrand".

François Hollande a prévenu pendant la campagne que "la raison l'emportait sur le coeur" au moment de composer le gouvernement, au profit de "l'intérêt général".

La nouvelle équipe au pouvoir, qui sera sans doute revue après les élections législatives des 10 et 17 juin, devrait compter 15 grands pôles.

Au jeu des pronostics, les Affaires étrangères pourraient échoir à Pierre Moscovici ou à l'ancien Premier ministre Laurent Fabius, qui a sillonné le monde, du Proche-Orient à la Chine, au nom de François Hollande pendant la campagne.

Le favori pour la Défense est Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne. Passionné des questions liées à l'armée, troisième budget de l'Etat, cet ami de trente ans de François Hollande est allé aux Etats-Unis pour préparer le sommet de l'Otan de Chicago des 20 et 21 mai.

Le député Vincent Peillon est cité pour chapeauter le pôle Education, secteur crucial pour le nouveau président, qui veut créer 60.000 postes pour l'école et fait de la jeunesse la priorité absolue de son quinquennat.

Pour l'Economie et le Budget reviennent les noms de l'ancien ministre Michel Sapin et du président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac.

NOUVELLE GÉNÉRATION

Chargé du projet de François Hollande, Michel Sapin connaît le nouveau président depuis le service militaire. Les deux hommes ont étudié ensemble à l'Ena et François Hollande a été cet hiver le témoin de mariage de Michel Sapin, qui fut chargé de préparer son projet de campagne.

Manuel Valls et le président du groupe socialiste au Sénat, François Rebsamen, sont envisagés pour le ministère de l'Intérieur.

Le député et ancien candidat à la primaire PS Arnaud Montebourg est associé à un éventuel grand ministère de l'Industrie, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le sénateur André Vallini sont en lice pour la Justice.

Le député européen Stéphane Le Foll, organisateur de la campagne de François Hollande, pourrait obtenir l'Agriculture.

Chez les femmes, le nom de Marisol Touraine revient pour les Affaires sociales.

Parmi les autres tenantes de la nouvelle génération figurent Najat Vallaud-Belkacem, élue de Lyon d'origine marocaine découverte par Ségolène Royal. Autre protégée de la candidate PS de 2007, la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho a fait ses preuves comme porte-parole de François Hollande.

Aurélie Filippetti et Fleur Pellerin, respectivement chargées de l'Economie numérique et de la Culture dans l'équipe de campagne, sont aussi citées, de même que l'est l'ancienne candidate à la présidentielle Christiane Taubira.

Valérie Fourneyron, médecin du sport et maire de Rouen, la ville natale de François Hollande, est annoncée aux Sports.

Le gouvernement pourrait aussi faire place au président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, et au sénateur Robert Hue, qui se sont rangés très tôt derrière la bannière de François Hollande.

Edité par Yves Clarisse

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  • gmich10 le dimanche 6 mai 2012 à 21:34

    Ah!!oui!!Au Brie 1° ministre ,on a révé et Pédalo l'a fait !!!

  • gmich10 le dimanche 6 mai 2012 à 21:24

    Allez !! à la soupe !!!