Le premier camp humanitaire de France ouvert à Grande-Synthe

le , mis à jour à 23:46
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    * Le site doit accueillir un millier de migrants 
    * Bras de fer entre la mairie et la préfecture 
    * Une délégation de Calais reçue à l'Elysée 
 
 (Actualisé avec communiqué préfecture du Nord) 
    LILLE, 7 mars (Reuters) - Le premier camp aux normes 
internationales construit par Médecins sans frontières (MSF) a 
accueilli pour son ouverture lundi environ 400 migrants à 
Grande-Synthe, à 40 kilomètres de Calais, a annoncé la mairie. 
    Ce site doit accueillir le millier de migrants actuellement 
entassés dans des conditions d'hygiène déplorables dans un camp 
sauvage situé dans cette petit ville, explique l'ONG. 
    L'objectif de la mairie et de MSF est de transférer dans le 
camp l'ensemble des migrants en trois jours. 
    "Cette opération menée conjointement avec la municipalité de 
Grande-Synthe vise à mettre les réfugiés à l'abri et au sec, et 
à leur offrir des conditions de vie plus acceptables", dit MSF. 
    Les migrants venus du camp seront logés dans des abris en 
bois et, dans chaque "quartier", auront à disposition des blocs 
sanitaires équipés de WC et de douches avec eau chaude. Des 
lieux de vie seront également installés par les associations. 
    Cette ouverture a donné lieu à un bras de fer entre la 
préfecture du Nord, défavorable au nouveau camp, et la mairie. 
    Le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, a expliqué à 
Reuters "avoir pris un arrêté donnant l'autorisation aux 
migrants de rentrer dans le nouveau centre"". 
    Dans la soirée, le préfet du Nord Jean-François Cordet, a 
mis l'élu en demeure de retirer "sans délai" cet arrêté, 
pointant les "dangers relevés par la commission communale de 
sécurité" qui a, souligne-t-il, donné un avis défavorable à 
l'ouverture du centre.  
    Depuis l'annonce de la création du site, la Préfecture du 
Nord dit son opposition et sa crainte de voir les migrants 
s'installer de manière durable dans cette ville voisine de 
Dunkerque.  
     
    DÉLÉGATION DE CALAIS A PARIS     
    Dans le même temps, le démantèlement de la partie sud de la 
"jungle" de Calais a repris lundi, une semaine après son 
lancement, alors qu'un quart du bidonville, soit deux hectares 
environ, a été nettoyé. 
    Les salariés d'une société privée ont poursuivi sous des 
averses de neige la démolition des abris de fortune, qui sont  
entassés dans des bennes sous la protection d'un cordon de CRS. 
    "Environ deux hectares ont été libérés, cela représente un 
quart de la surface totale, il reste donc quelques semaines de 
travaux", a expliqué un porte-parole de la préfecture du 
Pas-de-Calais. 
    Environ 200 places sont disponibles pour les migrants qui 
souhaiteraient se rendre dans le centre d'accueil provisoire mis 
en place en bordure de la jungle, a-t-il précisé. 
    Beaucoup de migrants refusent de s'y rendre pour éviter la 
prise de leurs empreintes digitales, condition nécessaire pour 
pouvoir y entrer. 
    Quelque 500 habitants de Calais, dont de nombreux 
commerçants, se sont rendus lundi à Paris pour dénoncer la 
baisse de fréquentation de leurs magasins liée à la présence des 
milliers de migrants et réclamer des mesures de soutien. 
    La maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), avait indiqué la 
semaine dernière que François Hollande avait promis une "pause 
fiscale" en faveur des commerçants, qui ont manifesté aux abords 
du ministère des Finances, à Bercy. 
    "Le gouvernement doit déclarer le Calaisis en état de 
catastrophe économique exceptionnelle", proclamait une banderole 
brandie par les manifestants. 
    Une délégation a été reçue dans l'après-midi à l'Elysée. 
    "On avait fait des déclarations au mois de janvier à Calais, 
nous en avions appelé à l'Etat et au chef de l'Etat, aujourd'hui 
nous sortons d'une réunion avec ses services donc je pense qu'on 
a progressé mais évidemment ce n'est pas terminé", a dit à la 
presse Antoine Ravisse, président de l'association "Grand 
rassemblement du Calaisis." 
    "L'allègement des charges, ça passera par une étude de 
dossiers mais on a voulu et on a obtenu que ce soit le plus 
simple possible, c'est à dire un guichet unique, une adresse 
mail, un formulaire, un traitement ultra rapide", a-t-il ajouté. 
    "Toute entreprise tout commerce, toute activité qui dit 'moi 
j'ai subi une baisse de chiffre d'affaires, je suis une victime 
de la situation actuelle' est en droit et doit d'ailleurs 
présenter son dossier". 
 
 (Pierre Savary, avec Gérard Bon, édité par Marine Pennetier) 
 
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