Le préfet de Paris émet des réserves sur les "fan zones"

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LE PRÉFET VOUDRAIT FERMER LA "FAN ZONE" DE PARIS PENDANT LES MATCHES DE L'EURO
LE PRÉFET VOUDRAIT FERMER LA "FAN ZONE" DE PARIS PENDANT LES MATCHES DE L'EURO

PARIS (Reuters) - Le préfet de police de Paris Michel Cadot a tenté d'obtenir la fermeture de la "fan zone" du Champ de Mars les jours de match de l'Euro 2016 au Parc des Princes et au Stade de France, a-t-on appris jeudi de sources policière et politique.

Dans une lettre datée du 26 mai révélée par Le Point, Michel Cadot avait proposé au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve "de demander à la mairie de Paris" cette fermeture.

Il a invoqué "l'état d'épuisement avancé" des forces de l'ordre confrontées ces dernières semaines aux conflits sociaux et les menaces terroristes pesant sur l'événement.

"Le préfet de police a effectivement émis des réserves et il demande la fermeture de la 'fan zone' de la tour Eiffel pendant les matches au Parc des Princes et au Stade de France", a déclaré Stanislas Gaudon, du syndicat de police Alliance, sur iTELE.

Selon le policier, le Stade de France mobilise "plus d'un millier d'effectifs" à chaque match et quand "ce sont des matches à risques, ça serait plutôt de l'ordre de 2.500".

La préfecture de police de Paris n'a ni confirmé, ni démenti l'envoi d'une lettre du préfet à Bernard Cazeneuve.

Mais elle a souligné que le préfet avait obtenu à la suite de ses échanges réguliers avec le ministre un renforcement des effectifs lui permettant d'assurer ses missions.

"Le Comité de pilotage sécurité présidé par le ministre a pris acte de ces éléments et de la forte charge pesant sur la préfecture de police pour la sécurisation concomitante des stades et des "fan zones". Il a immédiatement renforcé les effectifs qui seront mis à disposition de la préfecture de police", a indiqué une porte-parole.

Le groupe Les Républicains (LR) au Conseil de Paris, qui avait appelé la mairie de Paris à renoncer à sa "fan zone", a estimé que le préfet de police rejoignait ses préoccupations.

"Le ministre de l'Intérieur et la maire de Paris sont désormais face à leurs responsabilités", écrit-il dans un communiqué.

Le Premier ministre Manuel Valls, qui avait d'abord exclu toute remise en question des "fan zones", a nuancé le week-end dernier sa position en fonction de la situation.

"Si nous avions connaissance d'une menace précise, nous n'hésiterions pas à remettre en cause l'ouverture de telle ou telle zone", a-t-il expliqué au Parisien.

Le ministre de l'Intérieur a justifié jeudi matin le maintien des "fan zones" devant la commission d'enquête parlementaire sur la lutte contre le terrorisme.

"Si sous prétexte que la menace est élevée, nous cédons à la menace en cessant d'être nous-mêmes, alors nous organisons la victoire des terroristes, et je pense qu'aucun gouvernement ayant la passion de la France et de la République ne le ferait, aucun, ni de droite, ni de gauche", a-t-il dit.

Il a rappelé que 90.000 personnes, dont plus de 77.000 policiers, gendarmes et pompiers, ainsi que 12.000 agents privés, assumeraient la sécurité des stades et les zones concernées.

(Gérard Bon et Chine Labbé, avec service France, édité par Sophie Louet)

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