Le Portugal va recevoir sa prochaine tranche d'aide

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LE PORTUGAL VA RECEVOIR SA PROCHAINE TRANCHE D'AIDE
LE PORTUGAL VA RECEVOIR SA PROCHAINE TRANCHE D'AIDE

par Sergio Goncalves et Daniel Alvarenga

LISBONNE (Reuters) - Le Portugal a passé avec succès le sixième examen trimestriel de ses comptes mené par la mission d'inspection de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), ce qui ouvre la voie au versement de la prochaine tranche d'aide de 2,5 milliards d'euros, ont annoncé lundi le ministre des Finances Vitor Gaspar et les créanciers internationaux du pays.

La mission, qui n'aura duré qu'une semaine contre une moyenne de 15 jours environ pour les précédentes, est arrivée à la conclusion que Lisbonne avait fait des progrès dans la mise en oeuvre de réformes de son économie, ajoutant que le Portugal était toujours sur la trajectoire d'un retour sur le marché des capitaux l'année prochaine.

Selon la "troïka" - FMI, Banque centrale européenne (BCE) et Commission européenne - et le gouvernement, le Portugal, maintenu à flot depuis l'an dernier par un plan d'aide international de 78 milliards d'euros, devrait subir une contraction de 1% en 2013 après un recul du produit intérieur brut (PIB) estimé à 3% pour cette année.

Ces projections sont inchangées par rapport à celles contenues dans les conclusions de la précédente mission d'inspection, qui était intervenue en septembre.

Un retour à la croissance n'est attendu qu'en 2014, avec un PIB vu en hausse de 0,8% cette année-là.

"La confiance dans les perspectives du Portugal continue de s'accroître (...) C'est de bon augure pour le retour plein et entier du pays sur le marché des capitaux", a déclaré Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.

Lors d'une conférence de presse, Vitor Gaspar, a noté qu'après le versement de la prochaine tranche d'aide, le Portugal aura perçu 87% du total de 78 milliards d'euros qui avait défini en 2011.

LES RISQUES DEMEURENT

Le ministre des Finances portugais a toutefois souligné que le pays devait encore faire face à des risques importants, avec au premier chef la récession à l'oeuvre en Espagne, premier marché à l'exportation du Portugal.

La récession qui frappe l'économie portugaise s'est aggravée au troisième trimestre sous l'effet conjugué du ralentissement des exportations et de la baisse de la demande intérieure, plombée par l'austérité budgétaire.

Les économistes s'attendent à ce que la demande intérieure continue de baisser jusqu'à la fin de l'année et en 2013 en raison des hausses d'impôts et de taxes prévues par le budget 2013, les plus importantes depuis des décennies.

Cet alourdissement de la pression fiscale, auquel s'ajoute une réduction des dépenses publiques, s'inscrit dans le cadre des mesures d'austérité imposées à Lisbonne par la "troïka".

Parmi les objectifs retenus dans le plan, le Portugal doit ramener son déficit budgétaire à un total représentant 5% du PIB en 2012, ratio qui doit ensuite revenir à 4,5% en 2013.

"Une situation d'urgence se caractérise par de nombreux risques et incertitudes, ne pas voir ces état ces circonstances serait irréaliste. Les défis auxquels nous sommes confrontés sont très exigeants, ils vont continuer à demander des sacrifices", a dit Vitor Gaspar.

Il a ajouté que le gouvernement envisageait une baisse des impôts sur les entreprises, une mesure destinée à attirer les investissements étrangers.

Il a souligné que le pays discuterait avec ses créanciers d'une baisse des dépenses de quatre milliards d'euros prévue en 2013-2014 lors de la prochaine évaluation.

L'aggravation de la récession de l'économie portugaise, qui a entraîné une baisse des ressources fiscales du pays, a incité ses créanciers à accorder une plus grande marge de manoeuvre à Lisbonne en ce qui concerne ses objectifs budgétaires.

L'Union européenne et le FMI ont souligné que le plan de sauvegarde du Portugal était menacé par l'opposition croissante de la population aux mesures d'austérité qui ont plongé le pays dans sa récession la plus grave depuis les années 1970.

Pourtant, les créanciers et le gouvernement portugais continuent à se dire confiants dans la capacité du pays à revenir comme prévu sur le marché obligataire en 2013, ce qui est confirmé par des rendements des obligations souveraines qui restent bien en-dessous de leurs plus hauts de l'année.

Juliette Rouillon, Benoit Van Overstraeten pour le service français

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