Le Portugal sous la pression de l'Eurogroupe et des marchés

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    BRUXELLES, 11 février (Reuters) - Le Portugal doit se 
préparer à prendre, si nécessaire, de nouvelles mesures pour 
respecter ses engagements en matière de réduction des déficits, 
a averti jeudi le président de l'Eurogroupe, Jeroen 
Dijsselbloem. 
    Le projet de budget élaboré par le nouveau gouvernement de 
gauche portugais n'a été accepté par la Commission européenne 
qu'avec des réserves la semaine dernière, l'exécutif 
communautaire estimant qu'il risquait d'enfreindre les règles du 
Pacte de stabilité et de croissance européen.   
    "Nous allons en discuter aujourd'hui", a déclaré Jeroen 
Dijsselbloem à la presse avant une réunion des ministres des 
Finances de la zone euro, dont le portugais Mario Centeno.  
    "Le Portugal doit être prêt, si nécessaire, à faire 
davantage pour rester dans le cadre du Pacte de stabilité et de 
croissance. Ce n'est pas une situation unique, nous l'avons déjà 
connue avec d'autres pays", a-t-il ajouté.  
    En novembre, la Commission avait en effet jugé que les 
budgets italien, lituanien, autrichien et espagnol risquaient de 
ne pas respecter les règles communes.  
    Les doutes sur la situation budgétaire du Portugal, l'un des 
pays les plus touchés par la crise de la dette au début de la 
décennie, figurent aujourd'hui parmi les facteurs de tension des 
marchés financiers.  
    La dette émise par Lisbonne n'est en effet notée pour 
l'instant en catégorie d'investissement ("investment grade") que 
par l'agence DBRS. Une dégradation par cette dernière 
l'exclurait donc du champ des achats de titres de la Banque 
centrale européenne (BCE), l'un des principaux soutiens des 
marchés.  
     
    LISBONNE PEINE À CONVAINCRE SES PARTENAIRES ET LES MARCHÉS 
    Sur le marché obligataire, le rendement de la dette à dix 
ans portugaise, qui était inférieur à 2,8% au début du mois, est 
remonté à près de 4%  PT10YT=TWEB , au plus haut depuis le début 
2014. 
    La dette portugaise n'échappe évidemment pas au mouvement 
général de défiance vis-à-vis des actifs à risque, qui traduit à 
la fois les inquiétudes générales pour la croissance et celles 
sur la santé du secteur bancaire.   
    Comme dans une réplique de la crise de la dette de 
2010-2012, les craintes pour les banques se sont propagées aux 
emprunts souverains, un mouvement qui touche plus fortement les 
pays considérés comme les plus vulnérables.  
    "Tout ce qui est risqué souffre aujourd'hui", résume Ciaran 
O'Hagan, responsable de la stratégie taux fixes de la Société 
général. "Le Portugal souffre davantage que les autres parce que 
le gouvernement actuel a du mal à convaincre les investisseurs 
qu'il peut atteindre les objectifs budgétaires fixés par la 
Commission européenne." 
    Pour Jeroen Dijsselbloem, la pression des marchés peut 
inciter Lisbonne à respecter la discipline budgétaire de 
l'Union. "Cela pourrait constituer une raison supplémentaire 
d'être clair et de s'engager sur la politique économique de 
l'union monétaire et les règles budgétaires de l'union 
monétaire", a-t-il dit.  
    La Bourse de Lisbonne perdait 3,77%  .PSI20  à 14h10 GMT et 
les principales banques du pays, Banco Comercial Portugues 
 BCP.LS  et Banco BPI  BBPI.LS , cédaient respectivement 4,87% 
et 5,05%.  
     
 
 (Jan Strupczewski, avec John Geddie; Marc Angrand pour le 
service français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 

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