Le Portugal adopte un budget d'inflexion de l'austérité

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    LISBONNE, 16 mars (Reuters) - Le Parlement portugais a 
adopté mercredi un projet de budget pour 2016 marquant un 
infléchissement de la politique d'austérité après plusieurs mois 
de querelles avec l'Union européenne, qui demandait à Lisbonne 
des efforts supplémentaires de réduction du déficit public. 
    Le texte présenté par le gouvernement du socialiste Antonio 
Costa, arrivé au pouvoir en novembre après que la coalition 
sortante a perdu sa majorité absolue, a été approuvé par 122 
voix contre 107. 
    Les députés du Parti socialiste (PS) soutenus par les élus 
communistes (PCP) et ceux du Bloc de gauche (BE) ont approuvé un 
projet qui prévoit un retour progressif des salaires dans la 
fonction publique à leur niveau d'avant la crise financière et 
le plan de sauvetage financier appliqué entre 2011 et 2014. 
    Le salaire miminum est lui aussi revu à la hausse tandis que 
la TVA sur la restauration est ramenée de 23 à 13%. 
    "Ce budget vise à redonner l'espoir aux Portugais d'une 
manière responsable et en respectant pleinement nos 
engagements", a déclaré le ministre des Finances, Mario Centeno, 
devant les parlementaires. 
    Les pressions de Bruxelles ont toutefois contraint le 
gouvernement portugais à trouver 900 millions d'euros de 
ressources supplémentaires, principalement grâce à des taxes 
indirectes sur les hydrocarbures, en dépit de ses promesses 
d'une amélioration du pouvoir d'achat des ménages. 
    La Commission européenne a prévenu que le Portugal risquait 
de ne pas respecter les règles fiscales communautaires et a 
demandé à Lisbonne de préparer des mesures supplémentaires 
conservatoires en vue d'une évaluation en mai. 
    Le budget table sur une croissance de 1,8% en 2016 contre 
1,5% l'an passé et prévoit que le déficit sera ramené à 2,2% du 
produit intérieur brut (PIB) après 4,3% en 2015. 
    Certains observateurs estiment que les prévisions de 
croissance pourraient être moindres et mettent en garde contre 
une baisse des rentrées fiscales. 
    L'adoption de ce budget intervient après plusieurs mois 
d'incertitude politique née des élections législatives 
d'octobre, qui ont vu le centre droit perdre la majorité absolue 
dont il disposait au Parlement. 
    Après de longues tractations, le socialiste Antonio Costa 
est parvenu à former en novembre un gouvernement minoritaire en 
s'assurant l'appui des partis de gauche. 
     
 
 (Axel Bugge; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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