Le polyester va profiter de la baisse du pétrole pour envahir les armoires

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Plus les cours du pétrole baissent, plus l'écart de prix se creuse entre la fibre synthétique et le coton. La Chine a déjà prévu de baisser ses importations de fibre naturelle.

Le polyester, déjà très présent sur nos étiquettes, pourrait se faire une place encore plus importante dans nos armoires. La fibre textile, dérivée du pétrole, profite en effet de la dégringolade des cours du brut pour creuser l'écart de prix déjà important avec le coton. Selon le Comité consultatif international du coton (ICAC), la livre de polyester a vu son prix passer de 52 cents en août 2015 à 43 cents en janvier dernier. Pendant la même période, le prix de la livre de coton est resté stable aux alentours de 70 cents.

La réaction de la Chine, premier fournisseur de vêtements de l'Union européenne, est immédiate. D'après l'ICAC, la consommation de coton du pays -qui reste la plus importante au monde- devrait chuter de 5% durant la campagne 2015/2016 à 7,1 millions de tonnes. La Chine, qui est déjà la première productrice mondiale de polyester, va donner un sérieux coup de frein à ses importations de coton qui devraient dégringoler de 40% à 1,08 million de tonnes. «La compétition entre les deux fibres est féroce. Il est évident que le prix joue sur le choix que fera l'usine de filature, premier maillon de la chaîne de transformation. Il faut être le plus compétitif possible», explique Gérard Kassarian, secrétaire général de l'Association française cotonnière (Afcot). Globalement, la demande mondiale de coton est attendue en baisse de 1% lors de la campagne actuelle, à 24,1 millions de tonnes.

La chute du prix du polyester risque donc d'accentuer le recul de la part de coton utilisée dans l'industrie textile. Plus les années passent, plus la fibre naturelle perd du terrain par rapport à sa concurrente synthétique. «Dans les années 1960, la part du coton dans la consommation mondiale, toutes fibres confondues, dépassait les 50%. Aujourd'hui, on se situe aux alentours de 30%», constate Gérard Kassarian. Sur le long terme, le coton devrait encore perdre des parts de marché, malgré son prix de plus en plus abordable. Car la Chine n'est pas la seule à se désintéresser de la fibre naturelle. D'autres grands acteurs de la filière en font autant comme la Turquie et le Pakistan où la consommation va chuter de 12% selon les projections de l'ICAC.

La disparition du coton n'est cependant pas d'actualité. «Certes le prix est un élément déclencheur d'achat pour les consommateurs qui ne font pas toujours attention à l'étiquette. Mais la demande pour des produits en coton est toujours là. Tout dépend de ce que l'on cherche», assure Gérard Kassarian. Les amateurs de 100% coton pourront sûrement se rabattre sur les articles «made in Vietnam». La consommation de coton dans ce pays est attendue en hausse de 22% et les importations de 17%. Le Bangladesh n'est pas en reste. Sa consommation de coton devrait bondir de 13%. Quant à l'Inde, premier producteur mondial, sa consommation devrait grimper de 2% à 5,5 millions de tonnes durant cette campagne.

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