Le pôle de compétitivité Mov'eo se donne de nouveaux objectifs

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PARIS (Reuters) - Le pôle de compétitivité Mov'eo, spécialisé dans les transports, s'est donné mardi de nouveaux objectifs chiffrés pour 2015 afin de répondre à l'Etat qui réclame des résultats plus concrets en termes de création de valeur et d'emplois.

La structure prévoit désormais de consacrer un tiers de son budget de fonctionnement annuel de 2,5 millions d'euros à pousser les projets qui ont le plus de chances de déboucher rapidement sur des applications commerciales.

Mov'eo dépend pour moitié de financements publics et pour l'autre de financements privés, notamment les cotisations des entreprises membres.

Dans le contexte de rigueur budgétaire, elle cherche donc également à porter à 500 le nombre de ses entreprises membres d'ici 2015, contre 350 actuellement, afin d'assurer sa pérennité en cas de baisse des subventions de l'Etat et des régions.

"Tous les pôles ont bien compris que (...) nos financeurs avaient parfaitement raison de dire : on a engouffré un certain nombre de centaines de millions dans les pôles de compétitivité, au bout du compte ça a donné quoi et ça va donner quoi ?", a déclaré Jean-Claude Hanus, président de Mov'eo, au cours d'une conférence de presse. "Là on est en train de donner du contenu vérifiable à ce point d'interrogation."

Les 71 pôles créés sous la présidence de Jacques Chirac à partir de 2004 ont fait l'objet en juin d'une évaluation par les pouvoirs publics qui demandent que ces usines à projets deviennent maintenant des "usines à produits".

Mov'eo, qui couvre l'Ile-de-France et la Normandie, siège de 70% des capacités de recherche et développement de l'automobile française, s'est fixé pour nouvel objectif d'accompagner des PME sur 12 contrats à l'international d'ici deux ans et de constituer 15 groupements d'entreprises à ce même horizon, contre deux actuellement.

"Cluster" inspiré des systèmes allemand et américain pour faire collaborer PME, grands groupes et laboratoires de recherche sur des projets innovants, Mov'eo a permis l'an dernier une cinquantaine de dépôts de brevets, dont certains se retrouvent dans la nouvelle technologie Blue HDi de PSA Peugeot Citroën qui ramène les émissions d'oxyde d'azote du diesel au niveau de celles de l'essence.

Mov'eo a également accompagné des succès plus inattendus, comme celui de la société Nexyad. Les travaux de celle-ci sur la modélisation mathématique de l'analyse des teintes nacrées sur les carrosseries de voitures ont débouché sur un contrat, pas dans l'automobile mais dans l'activité vernis à ongles d'un géant français du luxe.

Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez

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