Le point sur l'assurance-dépendance

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Pour prendre le relais de leur pension de retraite et des aides publiques, les personnes âgées peuvent souscrire une assurance-dépendance. En échange d'une cotisation, l'assurance verse une rente mensuelle afin de pouvoir subvenir à ses besoins après une perte d'autonomie. Les conditions varient selon l'âge de la souscription et la couverture souhaitée. Quelques écueils sont également à prendre en compte.

Avec l'allongement de la durée de vie, la dépendance devient un état de fait à prendre en compte pour l'avenir
Avec l'allongement de la durée de vie, la dépendance devient un état de fait à prendre en compte pour l'avenir

Choisir la bonne couverture au bon moment

Le montant des cotisations est fonction des risques encourus par l'assureur. En conséquence, plus vous vous assurerez tôt, plus le montant sera faible. Selon la Fédération française de l'assurance, la souscription doit s'envisager dès 50 ans. Il est même possible de s'assurer à partir de 35 ans avec la promesse de cotisations fixes. Mais vous risquez alors de cotiser pendant de nombreuses années. L'âge adéquat semble autour de 60 ans, afin de ne pas payer trop longtemps, ni trop cher. A titre d'exemple, un contrat garantissant une rente mensuelle de 1000€ en cas de dépendance totale vous coûtera environ 60€ par mois à 55 ans contre environ 90€ à 65 ans et 140€ à 75 ans.
En adhérant tôt, vous pourrez en outre échapper aux examens médicaux obligatoires après 65 ans.
Deux tiers des personnes dépendantes ne le sont que partiellement. Pensez alors à vérifier qu'il existe bien, dans votre contrat, une option permettant de vous couvrir en cas de dépendance partielle. Sachez alors que la rente sera réduite environ de moitié, et passera à 100% si la dépendance devient totale. Vérifiez également si votre contrat précise que l'état de santé doit être "consolidé". A cause de cette clause, le versement de la rente peut être retardé sans cesse, la santé des personnes dépendantes restant très aléatoire.
Il est également possible d'ajouter à la rente viagère un capital (lui aussi exonéré d'impôt) en vue de financer l'adaptation du logement au handicap. Son montant varie selon les assureurs entre 500 et 10 000€.
Les personnes touchant déjà une pension d'invalidité ou souffrant d'une affection de longue durée (diabète, hypertension lourde...) auront peu de chance de pouvoir souscrire une assurance-dépendance. En revanche, ils doivent pouvoir recevoir de l’aide ou bénéficier d’avantages, grâce à la MDPH ou la sécurité sociale.

Les pièges à éviter

Sachez d'abord que si vous cessez de payer vos cotisations, vous n'êtes plus couvert. Pour éviter cela, ne choisissez pas une assurance "à fonds perdus" mais un contrat prévoyant "une valeur de réduction". Cette garantie réduite vous permettra de percevoir tout de même une rente (après 5 ou 10 ans) proportionnelle à vos cotisations.
Presque tous les contrats prévoient des délais de carence de un à trois ans après la souscription. Ce qui signifie que si vous êtes reconnu dépendant, pour un Alzheimer par exemple, dans les 3 ans après la souscription, vous ne toucherez pas la rente. Votre contrat sera annulé et vos cotisations remboursées. En revanche, vous serez immédiatement protégé si votre dépendance survient après un accident.
Véritable point noir de l'assurance-dépendance : la définition de la dépendance. Cet état de dépendance (qui déclenche le déblocage des rentes et l'arrêt des cotisations) varie selon les assureurs. Certains adoptent le barème d'attribution de l'APA (Allocation personnalisée d'autonomie). Ce barème est basé sur la grille Aggir (Autonomie, gérontologie, groupes iso-ressources) qui permet d'évaluer le degré de perte d'autonomie. 6 groupes existent de Gir 1 (dépendance très lourde) à Gir 6 (sans perte d'autonomie). Sont reconnus dépendantes par les pouvoirs publics les personnes classées de Gir 1 à Gir 4.
Mais certains assureurs se fondent, quant à eux, sur les actes de la vie quotidienne (AVQ) que l'assuré ne peut plus accomplir seul et qu'un médecin-expert examinera pour déterminer la dépendance.

Trucs et astuces

Les rentes perçues sont cumulables avec l'APA et ne sont pas imposables.
Prenez garde à la revalorisation des cotisations et/ou des garanties. La plupart des assureurs revalorise en fonction d'un indice de référence (inflation, plafond de la Sécu, valeur du point Agirc). Certains contrats ne prévoient à l'inverse aucune revalorisation, ni pour les cotisations, ni pour votre rente et votre capital.
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