Le podium est encore loin

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Le podium est encore loin
Le podium est encore loin
Depuis Thomas Voeckler en 2011, jamais le cyclisme français n'avait semblé aussi proche d'un podium à Paris. Romain Bardet, Thibaut Pinot et Jean-Christophe Péraud semblent armés pour se joindre à une lutte loin d'être gagnée d'avance.

Depuis le départ de Leeds, les superlatifs ne manquent pas pour qualifier les prestations des cyclistes français. Passé le cap de la première victoire avec Blel Kadri, les Français, décomplexés, ont gravi les Vosges et les Alpes sans l'ombre d'un doute et se retrouvent mêlés à la lutte pour le podium. Actuellement troisième et quatrième, Romain Bardet et Thibaut Pinot impressionnent en montagne et ne cessent de grimper dans la hiérarchie. Jean-Christophe Péraud avance lui dans l'ombre de ces jeunes coureurs plus médiatiques. Non sans un talent au moins identique. Pourtant, pour succéder à Richard Virenque (ndlr : dernier Français sur un podium du Tour en 1997), la route est encore longue.

Trois étapes pyrénéennes très différentes
Après une étape de transition entre les Alpes et les Pyrénées ce dimanche, le peloton aura droit à un jour de repos. Une journée qu'il faudra mettre à profit pour préparer le dernier massif de ce Tour 2014. Car cette année, les organisateurs ont varié les profils. Tout commencera entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchon par une étape très longue de 237,5km. Le Port-de-Balès, classé hors-catégorie, devrait permettre aux coureurs de faire quelques écarts non-négligeables. Mais l'arrivée, jugée dans la vallée, après une longue descente, ne semble pas favorable aux Français Thibaut Pinot et Romain Bardet, moins à l'aise dans cet exercice de funambule. Le lendemain, entre Saint-Gaudens et Saint-Lary Pla d'Adet, l'étape sera courte. Très courte (124km). Mais aussi très dure, avec pas moins de trois cols de 1ere catégorie, et une montée périlleuse vers Saint-Lary classée hors-catégorie. Jugée au sommet, l'arrivée devrait se jouer à la résistance à l'effort, domaine dans lequel excellent Thibaut Pinot et Jean-Christophe Péraud. Romain Bardet, plus adepte des changements de rythme, pourrait jouer sa carte sur la dernière étape de montagne, entre Pau et Hautacam. Courte, cette 18eme étape n'emprunte que deux cols (le Tourmalet, et l'ascension vers Hautacam) et pourrait voir naître quelques attaques dans le groupe des cadors.

Le danger Van Garderen
Derrière Vincenzo Nibali, intouchable, Alejandro Valverde tient la corde. L'Espagnol, distancé dans les derniers mètres de la montée vers Risoul samedi, conserve quelques secondes d'avance sur Romain Bardet et Thibaut Pinot. Une maigre avance qui ne laisse pas de place pour une deuxième défaillance. Cinquième derrière le duo de jeunes Français, Tejay Van Garderen constitue aujourd'hui la menace la plus sérieuse. L'Américain, moins à l'aise que Pinot et Bardet quand la route s'élève, ne compte cependant qu'une petite minute de retard sur le coureur d'AG2R-La-Mondiale au général. Une maigre avance au regard des capacités du leader de BMC en contre-la-montre. Car si le parcours du Tour 2014 ne recense qu'un seul chrono, celui-ci sera long, très long (54km). Or Pinot et Bardet sont aujourd'hui encore un cran en-dessous des spécialistes, malgré leurs progrès des derniers mois. Sur un parcours vallonné qui ressemble à celui de cette année, Bardet avait concédé deux minutes à Van Garderen l'an passé, sur le second chrono entre Embrun et Chorges, plus court de 20km. Le danger est donc immense. En 2012, sur les deux chronos au menu, Pinot avait cédé 4'06'' et 3'57'' à l'Américain.

Et si c'était Péraud ?
Pour maximiser leurs chances de grimper sur le podium, les Français devront donc encore passer à l'attaque dans les Pyrénées pour grappiller quelques secondes au général. La motivation et la détermination au regard de l'enjeu, énorme, ainsi que le soutien populaire devraient faire le reste. A moins que la meilleure chance française ne se nomme Jean-Christophe Péraud. A 37 ans, le vétéran de la formation AG2R dispute certainement l'une de ses dernières Grande Boucle. Toujours placé mais rarement reconnu, Péraud présente un avantage certain comparé à ses jeunes compatriotes : il excelle en contre-la-montre. Champion de France de la spécialité en 2009, Péraud a affiché un visage fringuant samedi, en accompagnant Nibali jusqu'à Risoul. Revenu à 1'28'' du podium, l'ancien vététiste ne compte en plus que 28 secondes de retard sur Van Garderen. Plus complet et plus expérimenté, Jean-Christophe Péraud est peut-être le mieux placé pour succéder à Richard Virenque. Mais si Bardet et Pinot ont encore de nombreuses années devant eux pour réussir cet exploit, nul doute que la jeune garde tricolore ne laissera pas passer sa chance non cette année pour autant.

Par Rémi Farge

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