Le plus vieux massacre de l'humanité mis au jour au Kenya

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    WASHINGTON, 21 janvier (Reuters) - Des archéologues ont 
annoncé mercredi la découverte au Kenya des traces du plus vieux 
massacre de l'histoire de l'humanité, remontant à l'âge de 
pierre. 
    Les restes de 27 chasseurs-cueilleurs tués il y a environ 
10.000 ans par un groupe d'assaillants à coups de flèches, de 
pierres et de bâtons ont été mis au jour sur le site de Nataruk, 
à une trentaine de km à l'ouest du lac Turkana, dans le nord du 
Kenya. 
    Les scientifiques ont découvert une lame acérée en 
obsidienne, une pierre volcanique, fichée dans le crâne d'un 
homme. Sur un autre squelette, ils ont trouvé les marques de 
deux coups mortels portés à la tête, sans doute par un gourdin, 
le crâne étant brisé. Une femme apparemment sur le point 
d'accoucher a été retrouvée avec les pieds et mains liés.  
    Les autres squelettes ont des traces de blessures par 
projectile au cou, des crânes, des mains, des genoux ou des 
côtes brisés.  
    Pour Marta Mirazón Lahr, paléontologue à l'université de 
Cambridge, ce groupe de chasseurs-cueilleurs a été massacré de 
façon préméditée par un groupe de voleurs venu peut-être d'une 
autre région.  
    "C'est une attaque brutale, physique, létale avec 
l'intention de tuer les individus qui pouvaient organiser une 
défense ou une contre-attaque, ou qui leur étaient peut-être 
inutiles", dit-elle.  
    L'intérêt de cette découverte est que de nombreux chercheurs 
pensent que les premiers combats entre humains n'ont commencé 
que bien longtemps après les nomades de Nataruk, lorsque les 
hommes ont commencé à se sédentariser et à posséder des biens.  
    Ces fossiles, souligne encore Marta Mirazón Lahr, "soulèvent 
la question de savoir si la guerre fait partie de l'expérience 
humaine depuis bien plus longtemps qu'on ne l'avait pensé".  
    Une attaque planifiée laisserait entendre que les ressources 
que possédait le groupe de Nataruk, peut-être de l'eau, de la 
viande ou du poisson séché, des noix, voire des femmes et des 
enfants, étaient jugées précieuses.  
    Les restes découverts sont ceux de vingt et un adultes et 
six enfants, la plupart de moins de six ans. Il n'y a pas 
d'adolescents. "Ont-ils réussi à s'échapper, ou ont-ils été 
enlevés ? on ne saura jamais."  
    L'étude est parue dans le journal Nature. 
 
 (Will Dunham; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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