Le plus haut gratte-ciel d'Europe ouvre son belvédère

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Le sommet de The Shard ouvre au public. Visite au 72e étage, au milieu des nuages.

Correspondant à Londres

La plus haute tour d'Europe occidentale ouvre vendredi son point de vue aux visiteurs. Les touristes pourront se hisser au 72e étage de The Shard («l'éclat»), à Londres, conçu par l'architecte Renzo Piano, qui se dresse sur la rive sud de la Tamise à côté du London Bridge. Ils seront à 244 mètres de haut, soit quelques étages en-dessous du sommet de l'édifice en forme d'aiguille de verre culminant à 309,6 mètres.

Contrairement à ce que disent les employés qui vous emmènent en ascenseur, on est moins haut qu'au dernier étage de la Tour Eiffel (276 mètres). Cela n'empêche pas d'apprécier un panorama de Londres jamais vu auparavant. On arrive d'abord à une première plateforme d'observation entièrement vitrée au 69e niveau, occupant trois étages. Par temps clair, autant dire exceptionnellement, on peut en théorie jouir d'une visibilité à 80 kilomètres.

Téléscopes numériques

Tout en bas, la Tamise qui serpente, les voies de chemin de fer menant à la gare de London Bridge, l'iconique Tower Bridge un peu plus loin ressemblent à un paysage en modèle réduit. Les immeubles de la City et, plus à l'est, de Canary Wharf, se dressent comme de petites forêts. Westminster, Saint-Paul, les monuments emblématiques de la capitale peuvent être observés à l'aide de télescopes numériques enrichis en contenus (photos de jour, de nuit, informations). Les parcs apparaissent comme des bouffées de verdure et on peut distinguer au loin la campagne.

La visite n'est pas terminée. Par un escalier, on grimpe jusqu'au 72e étage où l'on se retrouve à l'air libre, derrière des parois vitrées de protection. À cette altitude, la sensation est saisissante. On peut se trouver au cœur d'un nuage et, même si le temps était sec en bas, essuyer quelques gouttes de pluie. On aperçoit au-dessus les éclats de verre qui esquissent le sommet effilé de la tour.

Une «ville verticale»

Renzo Piano a voulu créer une «ville verticale». Son promoteur, Irvine Sellar, souhaite que The Shard devienne à Londres ce que l'Empire State Building est à New York. De 400 mètres prévus à l'origine, le projet a été réduit à 309 mètres, hauteur déjà dépassée en Europe par la tour Mercury City de Moscou inaugurée l'an dernier. L'architecte a voulu que son gratte-ciel soit ouvert au grand public, premier à en prendre possession, avant les 8000 personnes qui seront amenées à y vivre quotidiennement. Les 28 premiers étages sont consacrés à des bureaux, trois autres à des restaurants, 18 seront dévolus à un hôtel de luxe Shangri La, avec piscine au 52e. Au-dessus encore, dix appartements seront mis en vente entre 35 et 58 millions d'euros.

Depuis sa conception, il y a plus de dix ans, The Shard a suscité de vives controverses, accusé de défigurer la ville ou de plonger des quartiers entiers dans l'ombre. Maintenant qu'elle s'achève, la tour a pris sa place dans le paysage londonien et offre à la métropole un panorama inédit. L'expérience se paye au prix fort: 30 euros par personne, à réserver en ligne sur www.theviewfromtheshard.com

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  • titide le vendredi 1 fév 2013 à 11:42

    ridicule de faire de telles tours juste pour satisfaire la mégalomanie de quelques architectes !!!