Le plan Juncker profite principalement aux pays riches-BEI

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    par Jan Strupczewski 
    BRUXELLES, 4 octobre (Reuters) - La quasi-totalité des 
montants engagés depuis le lancement du plan d'investissement de 
315 milliards d'euros de l'Union européenne a bénéficié aux 15 
pays les plus riches du bloc, les 13 autres se partageant de 
maigres restes, conclut un rapport de la Banque européenne 
d'investissement (BEI) que Reuters a pu consulter. 
    L'Italie, l'Espagne et la Grande-Bretagne ont été les 
principaux bénéficiaires de ces financements de projets dans les 
infrastructures et l'innovation, précise-t-il. 
    Le dispositif, surnommé "plan Juncker", lancé mi-2015 vise à 
amorcer les projets d'investissements en couvrant leur partie la 
plus risquée grâce à 21 milliards d'euros d'argent public du 
Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), 
afin d'attirer les capitaux privés.  
    Fin juin, soit un an après son lancement, le programme avait 
généré 104,75 milliards d'euros d'investissement, soit un tiers 
du montant total prévu, précise le rapport d'évaluation de la 
BEI, qui participe au financement du plan. 
    "Si les tendances passées se maintiennent et si la stratégie 
du FEIS en matière de nouveaux produits et de nouvelles formes 
de coopération se concrétise comme prévu, on peut s'attendre à 
ce que l'objectif d'investissement final du FEIS soit atteint en 
terme d'autorisations, les signatures et les versements 
intervenant ultérieurement", estime la BEI. 
    Le rapport juge néanmoins inquiétante la répartition des 
projets entre les Etats membres de l'UE. 
    "Il est préoccupant que le portefeuille global du FEIS soit 
très concentré (à 92%) dans l'UE15 et sous-utilisé (à 8%) dans 
l'UE13", souligne-t-il. 
    "C'est d'autant plus problématique que la plupart des 
régions les moins développées d'Europe se trouvent dans les pays 
d'Europe centrale et orientale de l'UE13." 
    Le rapport ajoute que le secteur de l'énergie a attiré à lui 
seul 46% de tous les financements engagés par le FEIS dans le 
cadre de son portefeuille d'infrastructures et d'innovation. 
    "Les secteurs éligibles au FEIS (...) pourraient devoir être 
élargis afin d'améliorer le champ d'action de la BEI aux pays de 
l'UE13", suggère le rapport.  
 
 (Marc Angrand pour le service français) 
 
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