Le « plan Juncker » de 315 mds d'euros se précise

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Les détails du plan de relance du président de la Commission européenne ont été fixés jeudi 28 mai.
Les détails du plan de relance du président de la Commission européenne ont été fixés jeudi 28 mai.

Annoncé en novembre dernier, le « plan Juncker » d’environ 300 milliards d’euros pour relancer l’économie européenne a été occulté ces derniers mois par le plan de relance monétaire de la BCE (« QE »). Jeudi 28 mai, un accord a été trouvé sur les détails du plan d'investissement qui sera lancé à l’automne.

« L'Union européenne a conclu jeudi un accord fixant les détails du plan d'investissement de 315 milliards d'euros destiné à soutenir la croissance en Europe sur la période 2015 à 2017, qui ouvre la voie à un premier déblocage de fonds à l'automne », publiait l’agence Reuters en cours d’après-midi jeudi 28 mai.

« Ce plan vise à attirer de l'argent privé pour soutenir des projets en panne », précisait la même source.

« Le plan Juncker sera financé à travers un nouveau véhicule, le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), qui bénéficiera d'une garantie pouvant aller jusqu'à huit milliards d'euros du budget européen sur les trois prochaines années. »

Relance budgétaire

Le plan avait été annoncé en novembre dernier pour permettre de soutenir l’activité économique européenne alors que les perspectives du Vieux continent restaient moroses.

Le « plan Juncker » a été pensé comme un complément au plan de relance monétaire de la BCE (« quantitative easing ») pour réaliser un double effet de relance de l’activité, à la fois budgétaire et monétaire, correspondant à une forme de « policy mix » au niveau européen. Le plan est pensé à l’échelle de l’Union européenne alors que les Etats européens cherchent quant à eux à limiter leurs dépenses.

« L'investissement a chuté d'un quart en Europe depuis la crise financière de 2008 mais les Etats, déjà lourdement endettés et en quête d'économies, ne sont plus en mesure d'injecter de nouveaux fonds dans les infrastructures », rappelait ainsi Reuters.

Toutefois, pour rappel, le « plan Juncker » n’est pas véritablement constitué d’une injection de 315 milliards d’euros. Comme l’expliquait La Tribune en novembre dernier : « ce chiffre est une simple hypothèse de résultat. Les sommes effectivement mises à disposition de l'économie européenne seront bien plus modestes. Il s'agira concrètement de 16 milliards d'euros issus du budget européen et de 5 milliards d'euros de garanties assurés par la Banque européenne d'investissement. Soit 21 milliards d'euros. Mais […] la Commission estime très sérieusement que les projets mis en œuvre auront un effet de levier de 15. Un euro versé par la Commission et la BEI devrait donc finir par créer 15 euros pour l'économie européenne grâce à l'apport des investissements privés qui vont s'agréger aux projets initiés par Bruxelles ».

Avancée tangible après six mois de silence

Cela faisait plusieurs mois qu’aucune nouvelle majeure sur le « plan Juncker » n’avait été annoncée.

« Après des mois de tractations entre la Commission, les gouvernements des Etats membres et le Parlement européen, les négociateurs ont trouvé un compromis qui pose les fondements d'une loi permettant le démarrage effectif du plan », expliquait Reuters.

« Parmi les points d'achoppement figurait le montant des fonds pris sur le budget européen pour alimenter la garantie dite "à première perte" du fonds, qui vise à attirer les investisseurs en couvrant toutes pertes initiales en cas d'échec d'un projet. »

« La Commission avait proposé au départ que six milliards d'euros soient prélevés sur des fonds initialement destinés à la recherche, l'innovation et les infrastructures », mais ce montant a été réduit à cinq milliards dans l’accord final.

Activation prévue à l’automne 2015

« Le commissaire européen chargé de la mise en place de ce fonds, Jyrki Katainen a salué cet accord et appelé les dirigeants et le Parlement européens à le confirmer en juin afin de pouvoir mettre le FEIS en route dès cet automne », explique enfin Reuters, qui précise qu’un vote aura lieu au Parlement européen le 24 juin prochain pour donner son aval définitif au lancement du plan.

L’accord trouvé jeudi n’a eu aucune incidence sur les marchés alors que le montant global du plan d’investissement était déjà connu.

X. Bargue

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  • M2286010 le jeudi 28 mai 2015 à 20:02

    Un investissement avec un effet de levier de 15 !!! Mais pourquoi n'a-t-il pas été fait avant ! Ou alors la Commission se paye notre pomme ? La 2° hypothèse doit être la bonne...

  • guerber3 le jeudi 28 mai 2015 à 17:43

    Juncker, pour ceux qui ont des souvenirs de la 2ème guerre mondiale : ça a fait des dégâts...!

  • ZvR le jeudi 28 mai 2015 à 17:31

    Les problèmes européens viennent pour l'essentiel du degré de corruption du monde politique. on peut pas vraiment s'attendre à ce que ces politiques corrompus règlent le problème eux même et deviennent soudainement honnêtes.

  • ZvR le jeudi 28 mai 2015 à 17:22

    Bref de quoi largement régler le problème de dette grecque qui va partir en fumée en projets bidon.

  • fquiroga le jeudi 28 mai 2015 à 17:22

    Il suffit de baisser la fiscalité...

  • M4630859 le jeudi 28 mai 2015 à 17:21

    il donne 1 euro à l'économie et cela en rapporte 15, il sont très fort eux, ils auraient dû être patron, pas politique.

  • ljay1 le jeudi 28 mai 2015 à 17:19

    Un plus qui ne va rien donné...; Il faut donner aux filières existantes des moyens pour se développer... et non comme le QE de mettre de l'argent sur des canassons hors d'âge....