Le plan économique européen de E315 mds franchit un nouveau cap

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BRUXELLES, 10 mars (Reuters) - Les ministres des Finances de l'Union européenne ont mis mardi la dernière main à leur plan d'investissement de 315 milliards d'euros visant à relancer l'économie européenne, ce qui devrait permettre aux premiers projets d'être lancés pour la fin de l'année. Ce fonds, dénommé Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) doit maintenant recevoir l'aval du Parlement européen. "Ce plan est la réponse dont nous avons besoin pour répondre au principal handicap de l'économie européenne : le manque d'investissement", a déclaré Pierre Moscovici, le commissaire européen à l'Economie. L'investissement a chuté de 15% à 20% depuis le début de la crise financière en 2008, a-t-il souligné. Certains se demandent toutefois si le FEIS attirera suffisamment de fonds privés. Dans l'idée du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à l'origine du projet, les 315 milliards d'euros devront être en majorité fournis par des sources de financement privées. Pour cela, l'UE et la Banque européenne d'investissement (BEI) vont doter le fonds de 21 milliards d'euros en capital et garanties de pertes. 2.000 PROJETS Le fonds sera supervisé par un comité constitué par la Commission européenne et la BEI tandis qu'un comité d'investissement de huit membres choisira les projets. Ceux-ci sont près de 2.000 d'une valeur de 1.300 milliards d'euros. Parmi ces projets - la liste n'est pas définitive - figurent par exemple un nouveau port en Irlande, une liaison ferroviaire rapide évaluée à 4,5 milliards d'euros entre les Etats baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) et la Pologne. On note aussi un projet français d'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments publics ou une demande allemande pour des stations de rechargement pour véhicules électriques alimentés à l'hydrogène. La mise sur pied du FEIS a été difficile, certains gouvernements craignant que leurs projets ne soient pas retenus. A l'origine, la Commission européenne voulait que les pays abondent le fonds - elle leur avait même promis que les sommes allouées ne seraient pas inclus dans le calcul de leur dette ou de leurs déficits - mais cette idée a été abandonnée parce que les pays n'ont pu obtenir la garantie que leurs projets seraient choisis. Certains Etats, comme la France, l'Espagne ou l'Allemagne ont plutôt décidé d'aider au financement des projets dans leurs pays via leurs propres banques nationales. Mardi, l'Italie a promis huit milliards d'euros d'aide aux projets italiens qui seraient retenus, par l'intermédiaire de sa banque nationale ad hoc. D'une durée de quatre ans, le FEID fera l'objet d'un bilan au bout de trois ans, pour vérifier son bon fonctionnement. (Robin Emmott avec Francesco Guarascio; Danielle Rouquié pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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