Le plaidoyer de Grégory Coupet pour un retour aux valeurs collectives

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Dans un long entretien accordé au Progrès, Grégory Coupet, l'ancien gardien de Lyon, raconte sa déception de voir le football professionnel avoir perdu de ses valeurs collectives.

Cinq ans que sa carrière est terminée. Et après quatre années passées à distiller ses analyses dans les médias, Grégory Coupet a ressenti un manque. Alors depuis quelques mois, l’ancien gardien de Lyon s’est mis en tête de passer ses diplômes d’entraîneur, afin de devenir entraîneur des gardiens. Un poste particulier que l’international aux 34 sélections connait par coeur. « Je sais que je suis fait pour ça. Tous les jours, tu découvres un souci particulier, un geste à corriger », confie-t-il dans Le Progrès ce dimanche. Mais au-delà des compétences techniques spécifiques à un gardien de but, Grégory Coupet ressent ce besoin de transmettre des valeurs qu’il n’a cessé de défendre pendant sa carrière.

« Ton pote vient de marquer, va le féliciter ! »

Derrière son sourire reconnaissable entre mille, l’homme de 43 ans est décidé à faire comprendre à la jeune génération qu’elle ne prend, selon lui, pas le bon chemin, comme il le raconte dans un entretien passionnant. « Ce qui me marque, aussi bien chez les pros que chez les amateurs, c’est ce manque de joie collective, lâche-t-il. L’autre jour, j’ai regardé le match de Stanislas (Lebongo) avec les U19 (ndlr : de l’OL). À un moment, il fait un arrêt magnifique. Et il n’y a pas un mec qui vient le féliciter. Collectivement, on est costaud. Je le vois aussi avec mon fils. L’autre fois, son attaquant a marqué. Je le regarde. Je lui dis : qu’est-ce que tu fais ? Il me regarde : ben quoi ? Ton pote vient de marquer, va le féliciter. Il l’a juste applaudi de loin. Il n’y a pas ce côté tactile. J’ai failli lui dire : envoie-lui un texto. »

« Les mecs font leur job, alors que le foot, c’est tout sauf un travail »

Dans une actualité marquée par l’affaire Aurier, le gardien de but également passé par le PSG et l’Atlético Madrid aimerait que les joueurs pros réapprennent à communiquer, à vivre ensemble. « Avec les réseaux sociaux, on est de moins en moins dans la communication et l’échange d’émotions. Les mecs ne vivent pas les trucs ensemble. Ils ne parlent pas assez. Et quand je vois les gardiens de L1, je m’aperçois qu’il n’y a plus cette autorité naturelle, note Grégory Coupet. Les mecs font leur job alors que le foot, c’est tout sauf un travail. On est dehors. Il n’y a pas d’hiver dur. Oui, le terrain est gras, et ça fait chier. Mais si tu tacles, tu t’éclates. On a oublié qu’à la base, le foot est un sport collectif. » Un message plein de bon sens, qui mérite d’être entendu.

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