Le PKK déclare une trêve en Turquie avant les élections

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(Actualisé avec citations, précisions, contexte) ISTANBUL, 10 octobre (Reuters) - Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a appelé ses combattants à cesser leurs activités de guérilla en Turquie sauf dans les cas où ils seraient attaqués, annonce samedi un site internet d'informations proche du groupe. Il y a trois mois, le PKK avait mis fin au cessez-le-feu qu'il observait depuis plus de deux ans en Turquie. Selon l'agence de presse Firat, la décision du PKK a été prise en réponse aux appels venant de Turquie, mais aussi de l'extérieur, à ce que ses combattants évitent les actions susceptibles d'empêcher la tenue d'élections législatives anticipées "libres et justes" le 1er novembre en Turquie. ID:nL8N12A04V L'annonce du PKK intervient quelques heures après un double attentat qui a fait 86 morts et près de 200 blessés à Ankara et qui visait un rassemblement de militants kurdes et de gauche. ID:L8N12A04I "Notre mouvement a décidé de mettre nos forces de la guérilla en positon de non activité tant qu'il n'y aura pas d'attaque contre notre peuple ou contre les forces de la guérilla", déclare le PKK. Une tribune publiée dans un journal il y a quelques jours par un haut dirigeant du PKK avait laissé entrevoir cette décision. Elle sera sans doute saluée par la formation pro-kurde Parti démocratique des peuples (HDP) qui souhaite conserver ses sièges au Parlement lors des législatives du mois prochain. ID:nL8N1283I6 Le HDP est entré pour la première fois au Parlement turc après les législatives du mois de juin, privant du même coup l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan de sa majorité absolue. "TACTIQUE" Le vice-Premier ministre Yalcin Akdogan avait par avance rejeté cette trêve qui s'annonçait, la qualifiant de "tactique" préélectorale. Il avait demandé une nouvelle fois au nom du gouvernement que les combattants du PKK déposent les armes et quittent la Turquie. La décision du PKK intervient aussi quelques heures après l'explosion de mines activées par des membres du PKK à Diyarbakir, ville du Sud-Est à majorité kurde, qui ont tué un policier et endommagé un véhicule blindé de la police, ont indiqué les service de sécurité. La guerre que se livrent le PKK et l'Etat turc a repris en juillet dernier quand le gouvernement a décidé de lancer des frappes aériennes contre des sites du PKK en réponse à des attaques du mouvement contre ses forces de sécurité, mettant fin à un cesse-le-feu qui prévalait depuis mars 2013. Des centaines de personnes ont été tuées depuis la reprise des combats. Le gouvernement a déclaré une série de couvre-feu et de zones militaires dans le sud-est du pays, mais son souhait de déplacer les bureaux de vote situés dans les zones de conflits, ce qui aurait pu empêcher certains électeurs de se rendre aux urnes, a été rejeté par le conseil chargé d'organiser les opérations de vote. Le PKK a déjà annoncé une série de cessez-le-feu par le passé, parfois avant des élections, souvent avec l'objectif de lancer des négociations. L'armée turque de son côté ne déclare jamais de trêve. Considéré comme un groupe terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne, le PKK a lancé une insurrection séparatiste en 1984. Ces combats ont fait plus de 40.000 morts. L'Etat turc a lancé des discussions de paix avec son chef emprisonné Abdullah Öcalan en 2012. (Daren Butler Danielle Rouquié pour le service français)

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