Le pionnier de la pharmacie low-cost s'installe au c½ur de Paris

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REPORTAGE - Sous la croix occitane orange et verte, symbole du réseau toulousain Lafayette des pharmacies à bas prix, c'est une petite officine parisienne à l'allure «supermarché» qui fait peau neuve.

Le low-cost a décidément le vent en poupe, et le domaine de la santé n'y coupe pas. Le boulevard parisien Sébastopol accueille depuis quelques jours un nouveau type d'officine: la pharmacie à bas prix du réseau Lafayette. Des petites marges mais des ventes très élevées. Voilà la clé du succès des pharmaciens soldeurs, à la croix occitane toulousaine verte et orange.

«Pharmacies usines», «dévaluation du métier de pharmacien avec ces prix trop bas»... le réseau est vivement critiqué et remis en cause par les officines traditionnelles. Peu d'entre elles acceptent cependant de donner leur avis sur le sujet. «Tant que ce n'est pas illégal, on a rien à dire», soupire une pharmacienne du quartier Opéra à Paris.

Du coté des clients, les appréciations sont mitigées. La plupart viennent dans la pharmacie du réseau Lafayette parce qu'ils sont toujours venus là, en bas de chez eux. L'endroit était en effet une officine classique avant de signer la convention qui la rattache au réseau. À 82 ans, Guy a coutume d'aller chercher ses médicaments boulevard de Sébastopol et il accueille la nouvelle enseigne avec plaisir, «les professionnels de santé sont tous très gentils et attentifs», mais regrette un coté «impersonnel, qu'il n'y avait pas avant», dû au grand nombre de clients qui défilent.

Les écrans et les rangées de produits sobrement placés donnent un coté grande surface du médicament à l'officine, que l'on a pas l'habitude de voir. «Nous limitons nos surfaces pour avoir des officines à taille humaine», se défend toutefois Hervé Jouves, président de Lafayette Conseil. Avec plus de 22.000 références dans ses officines, le réseau veut s'imposer comme une enseigne fiable et reconnue. «Nous comptons en moyenne dix professionnels de santé par pharmacie, et nous nous implantons uniquement en centre-ville, à proximité des clients/patients et des professionnels de santé.»

L'aventure Lafayette débute en 1995 quand Lionel Masson ouvre sa petite pharmacie rue Lafayette à Toulouse. Pour exister au milieu des officines déjà bien installées, il a l'idée de diminuer ses marges sur tous les produits hors médicaments remboursés par la Sécurité sociale. Face à l'afflux de clientèle, Lionel Masson achète en 2001 une parapharmacie et y décline le même concept. De cette expérience fructueuse naît en 2005 la société Lafayette Conseil, qui référence les médicaments en vente libre (automédication et parapharmacie) à des prix préférentiels. Quelque 80 officines ont aujoud'hui signé une convention avec Lafayette Conseil, dont la dernière née à Paris.

Prochaine cible, l'optique

Le réseau Lafayette revendique aujourd'hui un chiffre d'affaires de 6 millions d'euros hors taxes en moyenne par pharmacie et 400 clients par jour contre 1,5 million d'euros dans une pharmacie traditionnelle et 120 clients. «Depuis qu'elle a rejoint le réseau en mai, notre pharmacie parisienne a vu sa fréquentation augmenter de plus de 30%», explique Hervé Jouves.

Un franc succès qui s'explique par des prix affichés plus bas que la moyenne nationale. Plus de 200 accords-cadres passés avec les laboratoires, et un achat en très gros permettent une réduction des prix des produits à la vente toute l'année. Quand les pharmacies du réseau vendent une boîte de Lysopaïne 3,35 euros, les pharmacies traditionnelles affichent des prix supérieurs à 6 euros. Le constat est le même pour une crème de la marque Effaclar qui soigne les peaux boutonneuses, 8,23 euros les 40ml contre plus de 11 euros dans une pharmacie traditionnelle.

Cet «happy low-cost», comme l'appelle Hervé Jouves, développe aussi ses services sur un site Internet, et propose des réservations de produits à payer et retirer au comptoir d'une pharmacie ou des préparations d'ordonnance à l'avance. Fort de son succès, le réseau s'attaque à un autre marché verrouillé, celui de l'optique. Le concept est identique: afficher des prix qui cassent la moyenne du marché. «La première paire de lunettes de marque est à 20 euros pour les enfants et à 29 euros pour les adultes», explique le président de Lafayette Conseil. D'ici 2018, le réseau vise l'ouverture d'une vingtaine de pharmacies et 21 boutiques d'optique en Ile-de-France.

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