Le piège se referme sur les Français qui ont emprunté en francs suisses

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Ils sont environ 6000 à avoir avoir contracté un prêt en devises helvétiques, en 2008 ou 2009. Avec la forte appréciation du franc suisse, le montant du capital qu'ils ont emprunté a augmenté de près de 50% !

«Depuis ce matin, je n'arrête pas de recevoir des appels de clients paniqués», constate Charles Constantin-Vallet, avocat d'un peu plus de 300 clients de BNP Paribas ayant contracté des prêts immobiliers libellés en francs suisses. La décision de la banque centrale hélvète (BNS) de ne plus intervenir sur les marchés pour empêcher l'appréciation du franc impacte en effet directement les quelques 6000 petits investisseurs qui ont contracté de tels prêts, en 2008 ou 2009: le capital qu'ils ont emprunté s'apprécie dans les mêmes proportions que la monnaie helvétique, c'est-à-dire de 20% depuis hier, et même de 65% depuis le début de l'année 2008.

«Concrètement, jusqu'à hier, une personne qui avait emprunté 100.000 euros il y a cinq ou six ans devait encore rembourser environ 130.000 euros, alors même qu'elle avait déjà payé 30.000 euros! Et depuis hier, son capital restant dû a encore grimpé, à plus de 155.000 euros. Cela peut s'avérer dramatique pour certains clients», explique Charles Constantin-Vallet. La plupart ont emprunté entre 130.000 et 150.000 euros sur un vingtaine d'années, et se retrouvent à devoir aujourd'hui rembourser entre 200.000 et 220.000 euros.

Le produit financier de BNP Paribas, Helvet Immo, représente 4600 des 6000 prêts octroyés en francs suisses à des résidents français. Il est conçu de telle façon que les mensualités restent fixes, quelle que soit la variation du franc. Mais le prêt se rallonge autant que nécessaire pour permettre au client de rembourser la banque, dans une limite de cinq ans. «Les cinq dernières années du prêt, les mensualités grimpent de façon illimitée, explique l'avocat. Les clients qui ont signé le prêt Helvet Immo vivent dans l'angoisse permanente, certains les yeux rivés sur les fluctuations du franc suisse, avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête». Outre BNP Paribas, le Crédit mutuel et le Crédit agricole ont accordé quelques emprunts de ce type, précise l'association française des usagers des banques (Afub).

Perte sèche

«Nous avons 40 dossiers en justice, ajoute l'association. 20% des quelques 300 clients qui se sont adressés à nous ont par ailleurs réussi à renégocier leur prêt avec BNP Paribas, en 2013 ou en 2014. Ils ont souvent obtenu de diviser par deux le montant de la hausse: ils ont signé pour 10% ou 15% d'augmentation du capital emprunté au lieu de 30% par exemple. Mais BNP Paribas n'a accepté de renégocier qu'avec quelques clients, pas tous, loin de là». Une autre solution, pour ceux qui veulent sortir de cet emprunt risqué, consiste à vendre le bien qu'ils ont acheté grâce à l'argent emprunté. Mais la plus-value réalisée lors de la revente a très peu de chances de couvrir l'envolée des cours du franc suisse... Si le client parvient à vendre son bien.

Il est aussi possible, tous les cinq ans, de convertir son prêt en euros. Le client encaisse alors une perte sèche. C'est ce qu'a fait Damien Golla, un client de BNP Paribas, fin 2013, s'évitant ainsi de pâtir de l'actuel hause du franc. «Lorsque nous avons converti notre prêt en euros, il nous restait 207.000 euros à rembourser alors que nous n'avions emprunté que 171.000 euros fin 2008. En comptant les mensualités versées et la commission de change de près de 5000 euros exigée par la banque, nos avons perdu grosso modo 70.000 euros...»

Nombre de ces emprunteurs attendent surtout que la justice condamne BNP Paribas, le Crédit mutuel ou le Crédit agricole pour leur avoir vendu un produit financier sans leur en exposer les risques. La plainte au civil des 320 clients de Charles Constantin-Vallet devrait aboutir fin 2015 ou début 2016.

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  • oisif le vendredi 23 jan 2015 à 12:50

    Bon OKJ . Mais pendant toutes les années où l'euro a augmenté on n'a pas entendu de plaintes ...

  • guinard8 le jeudi 22 jan 2015 à 15:52

    Mauvais citoyens, ils n'ont qu'à créer français, acheter français, emprunter français. On ne peut pas toujours avoir le beurre et l'argent du beurre.

  • stricot le mercredi 21 jan 2015 à 15:29

    Quand j'ai demenage en Suisse, mon emprunt en EUR representait 40% de plus qu'aujourd'hui. s'il me fallait 830 CHF par mois il y a 7 ans, en decembre ca me coutait 600 CHF, il ne m'en faut plus que 500 aujourd'hui... Vais pas me plaindre.

  • stricot le mercredi 21 jan 2015 à 15:25

    n'importe quel banquier sait et peut expliquer qu'on doit emprunter dans la devise de son revenu pour ne pas s'exposer aux variations de change. Toute exception veut dire un risque bien plus important que des petites variations de taux d'interet. Je suppute que les clients qui empruntent en CHF sont des fonrtaliers aux revenus en CHF (sinon, pourquoi une banque concederait-elle un credit, et meme prendrait le client pour commencer)?

  • remy200 le mercredi 21 jan 2015 à 14:06

    Sur ce genre de financement 99% des clients s'avaient qu'ils spéculaient... Lorsque l'on spécule on gagne parfois ou perd parfois... pas de quoi essayer d'attendrir les foules !

  • faites_c le lundi 19 jan 2015 à 16:07

    Magnifique article mais qui oublie de donner des informations sur l'essentiel : pourquoi ces personnes ont-elles souscrit un crédit en francs suisse? Quel était l'intérêt de la souscription d'un tel crédit en dehors d'avoir l'espoir que le taux de change évoluerait de manière favorable aux souscripteurs et que les mensualités en seraient allégées! Ces personnes ont joué, elles ont perdu, tant pis pour elles!

  • bali16 le lundi 19 jan 2015 à 11:07

    Il faut que la banque confisque leur maison .... celui qui emprunte en francs suisses ne sont pas de naifs non plus - ils s'y ont engagé. Je n'ai jamais compris en quoi la Suisse (ses banques ou devise) est important

  • eskimmo le lundi 19 jan 2015 à 09:53

    Même pas grave, l'important c'est le taux et de devenir proprio. Ces neuneus n'avaient pas les moyens et ont voulu gratter sur le taux. Donc il y avait de la demande pour un emprunt en CHFet naturellement ce produit a été inventé. Le seul bon cas était une baisse du CHF contre EUR, autant dire qu'ils auraient mieux fait de jouer au loto.

  • mfouche2 le lundi 19 jan 2015 à 09:49

    Ils ne viendraient pas pleurer si le franc suisse avait subi une grosse baisse , non ? Alors qu'ils se taisent .

  • mfouche2 le lundi 19 jan 2015 à 09:46

    Il y a toujours de gros malins. Et ils vont s'en prendre à leur banque pour défaut de conseil. Il est vrai qu'en France pays de l ' assistanat généralisé la responsabilité individuelle , c'est un concept assez virtuel et flou.