Le PIB suisse stagne au 3e trimestre, en deçà des attentes

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    par John Revill 
    ZURICH, 2 décembre (Reuters) - La croissance de la Suisse a 
été nulle au troisième trimestre, un temps d'arrêt dans le 
redressement d'une économie qui se remet encore du choc infligé 
par l'envolée du franc depuis son désarrimage d'avec l'euro, 
montrent les données publiées vendredi par le Secrétariat d'Etat 
à l'économie (Seco). 
    Le produit intérieur brut (PIB) réel de la Suisse n'a 
pratiquement pas varié sur la période juillet-septembre après 
une croissance de 0,6% au trimestre précédent. Ce chiffre est en 
deçà de la prévision moyenne de croissance de 0,3% des 12 
économistes interrogés par Reuters et est bien plus faible que 
la plus pessimiste de leurs estimations. 
    Par rapport au troisième trimestre 2015, le PIB a progressé 
de 1,3% contre 2,0% au trimestre précédent. 
    La variation trimestrielle du PIB constitue la performance 
la plus faible de l'économie helvétique depuis plus d'un an. La 
Suisse peine à se remettre du choc de l'envolée du franc après 
la décision prise le 15 janvier 2015 par la Banque nationale 
suisse (BNS) d'abandonner le cours plancher de 1,20 franc par 
euro. 
    La consommation des ménages a augmenté et les 
investissements dans la construction et en biens d'équipement 
ont soutenu la croissance mais la balance commerciale des biens 
et services a eu un effet négatif, explique le Seco dans un 
communiqué. 
    Les exportations de marchandises ont reculé de 0,2% et 
celles de services ont diminué de 0,8% au 3e trimestre. 
    Dans la plupart des secteurs, la production est restée 
inférieure aux moyennes historiques, bien que l'industrie 
manufacturière (+0,9%) et la restauration (+0,3%) aient 
contribué à la croissance. 
    Les économistes s'attendaient à une croissance du PIB, 
considérant que la Suisse a surmonté les pires conséquences de 
l'appréciation du franc. 
    L'économie nationale est restée relativement solide mais 
certains secteurs de l'économie continuent de souffrir, en 
particulier les industriels, qui ont perdu des ventes et vu 
leurs marges bénéficiaires diminuer avec la vigueur du franc. 
    La banque centrale suisse, qui intervient sur le marché des 
changes et qui a recours à des taux négatifs pour freiner la 
demande de francs suisses, tiendra réunion le 15 décembre.  
 
 (Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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