Le PIB japonais recule de 0,9% au 3e trimestre

le
0
L'ÉCONOMIE JAPONAISE SE CONTRACTE DE 0,9% AU 3E TRIMESTRE
L'ÉCONOMIE JAPONAISE SE CONTRACTE DE 0,9% AU 3E TRIMESTRE

par Leika Kihara et Kaori Kaneko

TOKYO (Reuters) - Après deux trimestres de croissance, l'économie du Japon s'est contractée de 0,9% au troisième trimestre, confortant les perspectives de récession de la troisième puissance économique mondiale, selon les statistiques publiées lundi.

Le recul du PIB, qui cadre avec les prévisions de marché, représente en base annuelle une baisse de 3,5%.

"Le chiffre du PIB confirme que l'économie japonaise est tombée en récession", note Tatsushi Shikano, économiste chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities à Tokyo. "Elle est en route pour ce trimestre vers un second trimestre consécutif de contraction."

Un pays est en récession s'il connaît deux trimestres consécutifs de recul de son Produit intérieur brut.

"Je ne peux pas nier la possibilité que le Japon soit tombé dans une phase de récession", a reconnu le ministre de l'Economie, Seiji Maehara, tandis que le Premier ministre, Yoshihiko Noda, promettait que le gouvernement réagirait "avec un sentiment d'urgence".

La force du yen expliquant en partie ce recul, la pression devrait être maintenue sur la Banque du Japon, qui a déjà assoupli sa politique monétaire le mois dernier.

Le gouverneur de la banque centrale japonaise, Masaaki Shirakawa, a annoncé du reste que la BOJ continuerait sur cette voie. "L'assouplissement monétaire actif mené par la BOJ a déjà eu un certain effet d'endiguement de la hausse du yen en abaissant les taux d'intérêt", a-t-il dit lors d'un séminaire après la publication des chiffres sur l'activité économique.

L'IMPACT DE LA CRISE DIPLOMATIQUE AVEC PÉKIN

La demande extérieure compte pour 0,7 point de pourcentage dans la contraction du PIB japonais sur les mois de juillet, août et septembre.

Les exportations japonaises se sont ainsi réduites de 5% sur le troisième trimestre. La grave crise diplomatique avec la Chine sur la revendication d'îlots en mer de Chine orientale, et les appels au boycott de produits japonais en Chine, ont contribué à ce recul, notamment pour les constructeurs automobiles comme Nissan.

Masaaki Shirakawa a souligné lundi que la dégradation des relations avec la Chine affectait l'économie japonaise, tant dans les échanges commerciaux que dans le secteur du tourisme.

La consommation privée, qui représente environ 60% de l'économie japonaise, a reculé elle de 0,5%.

Au premier semestre, le Japon avait fait mieux que la plupart des autres puissances du G7, s'appuyant notamment sur une consommation privée portée par la reconstruction des zones dévastées par le tremblement de terre et le tsunami de mars 2011.

Mais la croissance s'est arrêtée depuis. Tatsushi Shikano, de Mitsubishi UFJ Morgan Stanley, juge que l'activité japonaise a connu un pic en mars et "il est probable qu'elle touchera un plus bas en octobre et novembre puisqu'on s'attend ensuite à une reprise graduelle de l'économie mondiale".

La Banque du Japon estime elle aussi que l'économie japonaise devrait se redresser modérément à mesure que la croissance externe se reprendra.

Leika Kihara et Kaori Kaneko; Henri-Pierre André pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant