Le PIB chinois sous les 8% au 2e trimestre, le pire à venir

le
0
Le PIB chinois sous les 8% au 2e trimestre, le pire à venir
Le PIB chinois sous les 8% au 2e trimestre, le pire à venir

PEKIN (Reuters) - La croissance économique chinoise devrait passer sous la barre des 8% au deuxième trimestre et la faiblesse de la conjoncture pourrait persister, a dit lundi un économiste travaillant pour le gouvernement.

"La tendance au ralentissement (de l'économie) est loin d'être terminée", a dit à Reuters Wang Jian, qui travaille pour la principale agence de planification du pays, le comité pour le développement national et les réformes.

"La croissance du deuxième trimestre devrait très vraisemblablement tomber sous les 8%", a-t-il ajouté sans donner de prévision plus précise et sans dire quand le ralentissement actuel touchera un creux.

Les économistes s'attendent à un taux de croissance de 7,9% sur un an entre avril et juin. Ce taux passerait pour la première fois depuis 2009 sous le seuil de 8%, un niveau considéré par beaucoup d'investisseurs comme le minimum de croissance nécessaire pour assurer un nombre suffisant de créations d'emplois.

Il y a dix jours, le State Information Center, un institut de réflexion affilé au gouvernement, a dit voir un produit intérieur brut (PIB) revenir à 7,5% sur un an sur le deuxième trimestre, en raison essentiellement de freins pesant sur le secteur immobilier et d'une demande extérieure moins soutenue.

Les projections de l'institut sont en phase avec l'objectif de croissance de 7,5% fixé en mars par le gouvernement chinois pour l'ensemble de 2012.

La semaine dernière, le journal gouvernemental a rapporté que la Chine allait accélérer le processus d'approbation des investissements d'infrastructure dans l'espoir de lutter contre un ralentissement de l'économie.

Selon Wang Jian, l'économie chinoise pâtit d'une demande faible et de surcapacités, ce qui veut dire que les entreprises sont moins promptes à investir et à contracter de nouveaux prêts auprès de banques.

"Des mesures de soutien ne doperont pas la demande, même s'il y a de nouvelles baisses du ratio de réserves obligatoires", a-t-il dit.

Le 13 mai, pour la troisième fois en six mois, la Chine a abaissé les montants que les banques doivent détenir en réserve, augmentant de ce fait leur capacité de prêt de 400 milliards de yuans (48 milliards d'euros), une mesure prise pour éviter le risque d'un ralentissement brutal de la deuxième puissance économique mondiale.

Le gouvernement ne devrait pas lancer un plan de relance de grande ampleur, contrairement à ce qu'il avait fait dans la foulée de la crise de 2008-2009, a poursuivi Wang Jian.

Les autorités seront d'autant plus prudentes dans leur décision en la matière dans la mesure où il y a une transition au sommet de l'Etat, le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao devant céder les rênes du pouvoir aux actuels vice-président et vice-Premier ministre Xi Jinping et Li Keqiang au début de 2013.

Shen Yan et Kevin Yao, Benoit Van Overstraeten pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant