Le PIB chinois meilleur qu'attendu au 2e trimestre

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LA CROISSANCE CHINOISE AU DESSUS DES ATTENTES AU 2E TRIMESTRE
LA CROISSANCE CHINOISE AU DESSUS DES ATTENTES AU 2E TRIMESTRE

par Kevin Yao et Elias Glenn

PEKIN (Reuters) - La croissance de l'économie chinoise a été un peu meilleure qu'attendu au deuxième trimestre mais celle de l'investissement privé est tombée à son plus bas niveau historique, illustrant une faiblesse persistante qui pourrait pousser Pékin à adopter de nouvelles mesures de soutien.

L'investissement immobilier, qui a soutenu l'activité de la deuxième économie mondiale ces derniers mois, montre lui aussi des signes de ralentissement, sa croissance ayant diminué en juin pour le deuxième mois d'affilée.

Si la crainte d'un atterrissage brutal s'est éloignée, certains investisseurs n'en craignent pas moins une poursuite du ralentissement de la croissance, la Chine n'étant pas immunisée contre les effets à venir du vote britannique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le produit intérieur brut (PIB) chinois a progressé de 6,7% sur un an au deuxième trimestre, un résultat équivalent à celui du premier et le plus faible enregistré depuis la crise financière mondiale, montrent les statistiques officielles publiées vendredi.

Les analystes interrogés par Reuters tablaient sur une croissance de 6,6% seulement.

La croissance de l'investissement des entreprises privées, qui assurent plus de 60% de l'investissement global, est parallèlement tombée à 9% au premier semestre, le chiffre le plus bas enregistré depuis mars 2000, signe que les entreprises retardent leurs projets face à la faiblesse de la croissance mondiale et des exportations.

"Si on observe une nette hausse des ventes au détail, le ralentissement des investissements en actifs fixes est préoccupant. Au vu de la baisse de la croissance des investissements en actifs fixes, j'ai tendance à maintenir ma prévision d'un ralentissement de la croissance sur l'ensemble de l'année", a commenté Tim Condon, chef économiste Asie d'ING à Singapour.

LES ÉCONOMISTES DOUTENT DE LA PÉRENNITÉ DU REBOND

Pour Wendy Chen, économiste de Nomura, "la croissance du PIB devrait ralentir au troisième trimestre et pourrait rebondir au quatrième avec l'activité liée à la reconstruction après les inondations. Mais le rebond ne durera pas."

Le bureau national de la statistique à Pékin a déclaré que l'économie restait confrontée à des pressions baissières mais a ajouté que les résultats du premier semestre constituaient une bonne base pour atteindre l'objectif officiel d'une croissance de 6,5% à 7%, que certains observateurs jugent ambitieux.

"La croissance solide du deuxième trimestre, qui a probablement été tirée par l'immobilier et la construction, ne devrait pas durer. L'investissement immobilier a augmenté de 6,1% sur les six premiers mois de l'année, moins que les 7,0% de janvier-mai. La reprise tirée par l'immobilier est donc terminée", déclarent ainsi les économistes d'ANZ dans une note.

Illustrant cette faiblesse, le groupe Zoomlion Heavy Industry, un important fabricant chinois d'équipements de construction, a averti vendredi que sa perte semestrielle serait plus de deux fois supérieure à celle de l'an dernier en raison de la dégradation de la demande.

Parmi les indicateurs plus favorables publiés vendredi, la croissance de la production industrielle s'est accélérée à 6,2% sur un an en juin après 6% le mois précédent, alors que le marché s'attendait à un léger ralentissement à 5,9%.

Les ventes au détail ont elles aussi dépassé le consensus avec une croissance de 10,6% par rapport à juin 2015.

La bonne tenue de la consommation et du secteur des services restent donc un point fort de l'économie et récompensent les efforts entrepris par Pékin pour rééquilibrer l'économie en réduisant sa dépendance à l'investissement et aux exportations.

La consommation finale a ainsi contribué à la croissance à hauteur de 73,4% au premier semestre, contre 66,4% un an plus tôt.

"La structure de l'économie continue de s'améliorer, la part du secteur des services continue d'augmenter. Cette tendance devrait se maintenir", estime Wendy Chen, de Nomura.

En 2015, la croissance du PIB chinois a été de 6,9%, ce qui représente le plus mauvais résultat depuis 25 ans.

(avec Winni Zhou; Jean-Philippe Lefief et Marc Angrand pour le service français)

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