Le PIB allemand recule au 2e trimestre, celui de la France stagne

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L'ÉCONOMIE FRANÇAISE STAGNE AU 2E TRIMESTRE
L'ÉCONOMIE FRANÇAISE STAGNE AU 2E TRIMESTRE

BERLIN/PARIS (Reuters) - L'économie allemande s'est contractée au deuxième trimestre et l'économie française a stagné, des contre-performances de mauvais augure pour l'ensemble de la zone euro, montrent les statistiques nationales publiées jeudi.

Le produit intérieur brut (PIB) allemand a reculé de 0,2% sur la période avril-juin alors que les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une stagnation. Le PIB français, lui, a stagné alors que le consensus le donnait en hausse de 0,1%.

La semaine dernière, c'est l'Italie qui avait replongé dans la récession avec l'annonce d'une baisse de 0,2% du PIB après celle de 0,1% enregistrée sur janvier-mars.

La première estimation du PIB de l'ensemble de la zone euro est attendue à 11h00 (09h00 GMT) mais après les chiffres français et allemands, la prévision moyenne d'une croissance de 0,1% semble désormais bien optimiste.

En Allemagne, la contraction du deuxième trimestre est d'autant plus décevante qu'elle tranche avec la forte croissance enregistrée sur janvier-mars (+0,7% selon les données révisées), en partie en raison d'un hiver exceptionnellement doux.

Ce retournement de tendance s'explique en premier lieu par la faiblesse du commerce extérieur, moteur traditionnel de la première économie de la zone euro, et par celle de l'investissement, particulièrement dans le secteur de la construction. Les mêmes facteurs expliquent aussi en grande partie la panne d'avril-juin en France.

Les Bourses de Paris et Francfort ont ouvert en baisse après les statistiques tandis que l'euro restait stable autour de 1,3360 dollar.

PARIS ABAISSE SES PRÉVISIONS

La stagnation du PIB français a conduit le ministre de l'Economie Michel Sapin à revoir à la baisse sa prévision de croissance, ramenée à environ 0,5% pour cette année contre 1% projeté auparavant. Dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde, il ajoute que "rien ne nous permet, à l'heure actuelle, de prévoir pour 2015 une croissance très supérieure à 1%".

En conséquence, le déficit public français devrait être supérieur à 4% cette année contre 3,8% prévu jusqu'à présent. Michel Sapin n'a pas donné de prévision en la matière pour 2015.

Mais le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a de son côté jugé "inévitable" d'abandonner l'objectif d'un déficit ramené à 3% l'an prochain.

En Allemagne, où la croissance est pour l'instant prévue à 1,8% cette année, le gouvernement de la chancelière Angela Merkel table sur un budget à l'équilibre en 2015, sans augmentation nette des emprunts pour la première fois depuis 1969.

En données non ajustées, l'économie allemande a progressé de 0,8% sur un an au deuxième trimestre, ratant le consensus Reuters qui anticipait +1,5%.

L'impact désormais mesuré de la dégradation de la conjoncture au deuxième trimestre et la perspective de nouvelles difficultés au troisième voire au quatrième trimestres avec entre autres l'impact de la crise en Ukraine et des tensions avec la Russie, pourrait compliquer la tâche de la Banque centrale européenne (BCE).

L'institution dirigée par Mario Draghi compte sur les nouvelles mesures exceptionnelles annoncées en juin pour soutenir le crédit et l'activité.

Mais la menace d'une stagnation prolongée de la zone euro pourrait fournir des arguments aux partisans d'une politique d'"assouplissement quantitatif", c'est à dire d'achats directs de dette sur les marchés, vis-à-vis de laquelle plusieurs membres du Conseil des gouverneurs, dont l'Allemand Jens Weidmann, sont plus que réticents.

Dans un entretien au Monde mercredi, le président de la Bundesbank a répété que la BCE devait attendre de pouvoir mesurer l'effet des mesures annoncées en juin avant de discuter de la pertinence de nouvelles actions.

(Michelle Martin à Berlin, Yann Le Guernigou, Jean-Baptiste Vey et Marc Angrand à Paris, édité par Wilfrid Exbrayat)

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  • M363422 le jeudi 14 aout 2014 à 10:37

    ..à admettre ce qu'il en est des exigences d'une zone éco doublée d'une zone monétaire. Espérons donc que la nouvelle équipe européenne, qu'une alliance renforcée entre la France et l'Italie et peut être demain l'Espagne, permettront de faire enfin évoluer vers une plus grande intégration européenne, une véritable politique éco de relance par l'investissement tant dans les infrastructures que dans la recherche.

  • M363422 le jeudi 14 aout 2014 à 10:31

    Rien de bien surprenant dans ce constat! Jusqu'ici l'Allemagne bénéficiant de ces exportations vers quelques pays émergents, comme la Chine, pouvait se croire à l'abri et poursuivre une politique d'égoïsme càd non coopérative en Europe. Le changement d'attitude de la Chine et une croissance plus faible,le problème de l'Ukraine et de la Russie (sanctions) Les déclarations tout à fait contestables hier du président de la BUBA,montrent que certains "orthodoxes" se refusent toujours par dogmatisme..

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