Le phénomène Mélenchon trouble le jeu à trois semaines du vote

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JEAN-LUC MÉLENCHON SE HISSE À LA TROISIÈME PLACE, SELON UN SONDAGE
JEAN-LUC MÉLENCHON SE HISSE À LA TROISIÈME PLACE, SELON UN SONDAGE

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - La poussée du candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, situé en troisième place du premier tour de la présidentielle par un sondage dimanche, bouleverse la donne à gauche et donne à la droite ce qu'elle voit comme des raisons d'espérer.

Le camp du candidat PS François Hollande fait mine de ne pas s'inquiéter tout en admettant à demi-mots un changement de la donne, au moins pour les législatives de juin. La droite ironise sur la gêne du camp PS, et semble voir, sans le dire, le leader du Front de gauche en atout paradoxal.

Le camp de Nicolas Sarkozy met régulièrement en avant désormais le risque supposé de radicalisation du PS sous la pression de Jean-Luc Mélenchon, érigé en épouvantail.

La présidente du Medef Laurence Parisot, qui soutient Nicolas Sarkozy, s'est déclarée dimanche effrayée en faisant du candidat de la gauche radicale l'héritier de la violence révolutionnaire de 1793.

"Il y a aussi des phases dans les révolutions qui sont terribles. Je trouve que Mélenchon est beaucoup plus l'héritier d'une forme de Terreur que l'héritier des plus belles valeurs de la Révolution", a-t-elle dit sur Europe 1 et I-télé.

Un sondage LH2-Yahoo confirme de manière spectaculaire la progression de l'ancien sénateur PS, crédité désormais de la 3e place au premier tour avec 15%, soit une progression de quatre points par rapport au précédent sondage du même institut publié le 18 mars.

Cette poussée s'affirme de jour en jour comme le phénomène majeur de la campagne, puisque Jean-Luc Mélenchon est parti des alentours de 7% à la fin de 2011, et qu'il ne semblait pas alors pouvoir troubler le jeu entre les quatre candidats Nicolas Sarkozy, François Hollande, la présidente du FN Marine Le Pen et le centriste François Bayrou.

NOUVELLE DONNE POUR LES LÉGISLATIVES

Accueilli au départ de manière tiède par les militants communistes ralliés à contrecoeur à sa candidature, qui permettait d'éviter l'étiquette communiste et la perspective de l'humiliant score de 1,97% de 2007 de Marie-George Buffet, il a conquis les coeurs des électeurs de la "gauche de la gauche".

Son éloquence et sa gouaille, alliées à la puissance toujours forte de l'appareil militant et politique du PC, ont jusqu'ici réduit à quasi-néant, à en croire les sondages, ses rivaux trotskystes Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, crédités de moins de 0,5% chacun et même l'écologiste Eva Joly, positionnée à gauche mais qui stagne entre 2 et 3%.

L'analyse de ce phénomène est cependant contradictoire dans les camps de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.

Pour l'UMP et la majorité, Jean-Luc Mélenchon affaiblirait potentiellement le score de François Hollande au premier tour et en ferait, ensuite, au second tour, le prisonnier des options radicales du Front de gauche, un thème rassembleur à droite.

Pour le PS, Jean-Luc Mélenchon présente l'avantage de rassembler un électorat de gauche susceptible sans lui de s'abstenir et ses voix se porteront de toute manière en totalité ou quasi-totalité sur le candidat PS au second tour.

Sur Radio J dimanche, Michel Sapin, chargé du projet du candidat PS, a ironisé sur l'utilisation du phénomène que font à ses yeux des médias qu'il voit comme proches de l'Elysée.

"Je ne m'inquiète de rien du tout. Quand le Figaro ou le Journal du dimanche font de Jean-Luc Mélenchon leur vedette, ça ne doit pas être sans arrières-pensées. Ils se trompent, plus la gauche est forte au premier tour, mieux c'est pour la gauche au second tour", a-t-il dit.

Il admet cependant à demi-mots que le phénomène modifie la donne pour les législatives de juin, où le PS n'a jusqu'ici un accord qu'avec les écologistes, leur réservant un nombre de circonscriptions susceptibles de leur permettre de constituer un groupe parlementaire.

"Dans une présidentielle, il n'y a pas de négociations, ce n'est pas le lieu. Avant ou après, oui, mais là dans une campagne électorale c'est la constance", a-t-il dit.

Les accords avec les Verts seront respectés, a-t-il réaffirmé, tout en laissant entendre qu'il pourrait y en avoir d'autres. "Il y aura des négociations ou des discussions avec les forces politiques qui seront présentes aux législatives de manière à ce que la gauche soit la plus forte possible à l'Assemblée nationale", a-t-il déclaré.

Edité par Benjamin Massot

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  • wanda6 le dimanche 1 avr 2012 à 15:45

    Visualisez les vidéoconférences qui suivent :http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est ; http://www.youtube.com/watch?v=Hd2FOAFrz0U ; http://www.youtube.com/watch?v=FJE6Fz1KbSE ; Elles montrent qu'il est urgent de quitter la ruineuse et catastrophique Union Européenne

  • wanda6 le dimanche 1 avr 2012 à 15:37

    Les candidats multiplient les promesses chères sachant que ce n'est que des promesses et que l'Europe de Bruxelles les arrêtera bien avant! Pour cela, pas de directives = pas de programme et une politique à "la petite semaine".

  • wanda6 le dimanche 1 avr 2012 à 15:35

    Sarkozy - Bayrou, Holland - Mélenchon : le même système, le même programme. Les 2 outsiders, le système nous les ressort tous les 5 ans (médias, sondage, presse, tout le monde en parle, l'agitant comme des outsiders qui pourraient... être en finale pour finalement les oublier dès le lendemain du 2ème tour. Les mensonges sont de plus en plus gros, ça sent la panique à bord... soit ce sont des sal...opards conscients d'être utilisé par le système pour en profiter, soit ce sont des idi..ots...

  • M7330333 le dimanche 1 avr 2012 à 15:19

    avec des drapeaux de l'ex URSS dans ses meetings, je crois que cet homme est un dangereux dictateur, virez le de vos usines! sachez que ce monsieur est un ancien sénateur et qu'il touche une retraite dorée aux frais du contribuable sans parler de son indemnité d'ancien ministre... on peut faire du social quand on touche de telles indemnités, mais pour nous la classe "moyenne" on aimerait bien que les "assistés" se bougent un peu les fesses!!!!

  • gde-lamb le dimanche 1 avr 2012 à 15:13

    La méluche a le goût de la formule qui plaît et il n'en a rien à faire de raconter n'importe quoi puisqu'il sait que ce n'est pas à lui que les Français confieront le volant. Alors il continue à flatter ceux qui sont assez crédules pour boire ses paroles. Il n'a aucun état d'âme et alors il se permet tout sous prétexte qu'il sait utiliser un bel emballage. Des farceurs de son espèce ont toujours existé et le "bon peuple" se fait berner une fois de plus !

  • M4947935 le dimanche 1 avr 2012 à 12:23

    Comment croire tous ces sondeurs qui n'avaient pas prévu le 22 avril 2002?

  • Feradur le dimanche 1 avr 2012 à 12:18

    On peut dire la même chose avec Sarko.Plus il descend plus il promet. On connait la musique...

  • ge.sarki le dimanche 1 avr 2012 à 12:09

    Plus Hollande descend ,plus il vocifère dans ses meetings.Encore un peu et on aura un orateur qui vous rappellera certains de nos anciens ennemis outre-Rhin.

  • baljo le dimanche 1 avr 2012 à 11:33

    c'est dommage de contrarier ce beau monde. Enfin bonne défaite mR le futur ex-président

  • Feradur le dimanche 1 avr 2012 à 11:25

    A force de dire que FH est mou et est, un capitaine de pédalo, le peuple s'oriente vers un dur (rien à voir avec feradur)révolutionnaire. Faut admettre que les français rejettent le président-candidat à cause de son bilan.