Le peuple de gauche crie son impatience à la Fête de l'Huma

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par Gérard Bon

LA COURNEUVE, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Les communistes et leurs alliés du Front de gauche ont profité de la fête de l'Humanité, ce week-end près de Paris, pour donner de la voix contre la politique d'austérité du gouvernement socialiste et le traité budgétaire européen.

Signe de leur combativité, une marche contre les licenciements a été organisée samedi après-midi dans les allées de ce rendez-vous politique et festif annuel, où sont attendues plus de 500.000 personnes jusqu'à dimanche soir.

Des salariés d'une trentaine d'"entreprises en lutte" -PSA, Fralib, Petroplus ou encore Carrefour- ont pris la tête de la manifestation jusqu'à la grande scène de la fête.

Auparavant, les représentants des autres partis de gauche, en particulier du Parti socialiste, avaient pu mesurer dans les stands l'impatience du "peuple de gauche" déçu par les premiers mois de la présidence de François Hollande.

Harlem Désir, le futur dirigeant du PS assurant jusqu'en octobre l'intérim de Martine Aubry, qui a quitté vendredi son poste de première secrétaire, a brillé par son absence.

Mais le PS a dépêché à La Courneuve son futur numéro deux, Guillaume Bachelay, et son porte-parole, David Assouline, lequel a justifié l'absence d'Harlem Désir par la préparation de sa tournée auprès des militants socialistes.

"Nous sommes là au plus haut niveau, il n'y a pas de problème politique", a-t-il assuré aux journalistes.

Guillaume Bachelay a appelé ses partenaires du Front de gauche à la solidarité au moment où le gouvernement doit affronter la crise.

"Pour que la gauche soit durable, il faut qu'elle soit solidaire. Les coups, c'est contre la crise, la droite et l'extrême-droite qu'il faut les donner", a-t-il dit à Reuters.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, avait auparavant appelé l'exécutif à être "à la hauteur des urgences et des attentes sociales" et les électeurs de gauche à "ne rien lâcher".

"Ne vous laissez pas voler la victoire", a-t-il lancé lors d'un débat au stand du Front de gauche.

Pour le dirigeant communiste, François Hollande et le gouvernement ont fait une "erreur de diagnostic" en décidant un effort budgétaire de 30 milliards d'euros qui ne fera, selon lui, qu'aggraver la crise.

LE PATRON DU PCF VEUT S'IMPOSER

La fête de l'Humanité est "un tremplin pour obtenir le changement", a-t-il insisté, alors que la gauche radicale, qui avait appelé à battre l'ex-président Nicolas Sarkozy, juge que François Hollande, trop timoré, ne penche pas assez à gauche.

Le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, accuse pour sa part le gouvernement de "naïveté et tendresse" vis-à-vis du Medef. Le syndicat patronal est devenu selon lui le "véritable état-major de notre pays".

Le rassemblement de La Courneuve se veut aussi la caisse de résonance des opposants de gauche au traité budgétaire européen, synonyme à leurs yeux d'austérité, en prélude à la marche prévue le 30 septembre à Paris par la gauche antilibérale.

Jean-Luc Mélenchon, qui a repris du service pour l'occasion, promet de faire du 30 septembre un "grand rendez-vous politique du pays" comparable à celui de la Bastille, qui avait vu en mars dernier plus de 80.000 personnes se mobiliser derrière sa candidature à l'élection présidentielle.

Alors que la droite s'apprête à appuyer la ratification du texte examiné à partir du 2 octobre par le Parlement, ce pacte budgétaire européen négocié par Nicolas Sarkozy et aujourd'hui porté par le gouvernement socialiste divise profondément la gauche.

Le Front de gauche mais aussi plusieurs élus de l'aile gauche du PS et d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont annoncé qu'ils voteraient contre, poussant le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à rappeler la majorité à l'ordre.

La fête de l'Humanité est également l'occasion pour Pierre Laurent, éclipsé par l'extrême médiatisation de Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle, de tenter de reprendre l'ascendant.

Pour conforter sa stature, le secrétaire national fera son entrée le 20 septembre au Sénat, en remplacement de Nicole Borvo Cohen-Seat, démissionnaire.

Samedi, Jean-Luc Mélenchon a accusé une nouvelle fois la presse de chercher à "faire croire qu'il y a des problèmes d'ego" entre Pierre Laurent et lui-même.

"Nous sommes des militants, nous n'aspirons à rien d'autre. Nous sommes des éclaireurs, nous ne sommes pas des chefs", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec des militants.

"J'ai eu l'honneur d'être le candidat du Front de gauche à la présidentielle. Et maintenant quel est mon rôle ? Je suis votre patrimoine commun."

Edité par Emmanuel Jarry

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  • chatnour le samedi 15 sept 2012 à 16:48

    Les cocus qui commencent à réagir ! LOL