Le pervers narcissique n'existe pas

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Image tirée du film Ballade sur un divan/Parle à mon psy, ma tête est malade de Michael Ritchie (1988). Photo d'illustration.
Image tirée du film Ballade sur un divan/Parle à mon psy, ma tête est malade de Michael Ritchie (1988). Photo d'illustration.

Séries télévisées, émissions radio, témoignages, livres, reportages, le pervers narcissique a colonisé l'espace médiatique, qui ne se lasse plus de raconter ses méfaits insaisissables. Cet être brillant, charmeur, dont la jouissance consiste à manipuler l'autre, aurait envahi les entreprises, les couples, les familles, les cours de récréation et les vestiaires des clubs de sport. Le pervers narcissique est partout.

Marcel Sanguet, psychologue clinicien et psychanalyste, examine l'épidémie ravageuse avec circonspection. Dans son ouvrage Le pervers n'est pas celui qu'on croit (éditions Eyrolles), l'auteur démontre que cette nouvelle figure de la psychopathologie du quotidien serait surtout une invention commode, une fable destinée à nous dédouaner de nos propres échecs. Notre époque aurait « inventé la catégorie morale du pervers pour la rendre responsable de nos maux », comme le début du XXe siècle popularisa l'hystérique pour dire le refoulement des désirs sexuels.

Créature fabuleuse

La fabrication du pervers a son utilité. « La notion de pervers, revisitée pour satisfaire à l'actuel mythe de la réalisation personnelle, qui suppose que tout est possible pourvu qu'on se donne les moyens d'y parvenir, permet de se dédouaner de nos médiocrités intimes : si la réussite n'est pas à la clef, la faute en incombe à ses pervers. » Autrement dit, sommés par la modernité de nous...

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