Le père perché sur une grue envisage de descendre

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LE PÈRE PERCHÉ SUR UNE GRUE À NANTES AURAIT L'INTENTION D'EN DESCENDRE BIENTÔT
LE PÈRE PERCHÉ SUR UNE GRUE À NANTES AURAIT L'INTENTION D'EN DESCENDRE BIENTÔT

NANTES (Reuters) - Un père divorcé retranché depuis vendredi en haut d'une grue du port de Nantes pour obtenir le droit de voir son enfant s'est dit lundi "furieux" des déclarations du gouvernement mais a annoncé son intention de descendre bientôt de son perchoir.

Serge Charnay, un ancien informaticien de 43 ans, s'exprimait après une réunion sur les droits des pères organisée par la ministre de la Justice, Christiane Taubira, à la demande du Premier ministre, qui s'est saisi dimanche du dossier.

"Je suis absolument furieux, on nous balade, on nous raconte n'importe quoi pour nous faire patienter", a-t-il dit sur i>TELE, l'interrogeant par téléphone.

"Evidemment, je vais quand même descendre parce que j'ai quand même à faire autre chose de ma vie", a-t-il ajouté, sans préciser quand.

Ce père d'un petit garçon réclame plus d'égalité dans les décisions de justice sur la garde des enfants.

Il demande également dans son cas personnel le rétablissement de son droit de visite, supprimé après son refus à deux reprises, en 2000 et 2011, de rendre son fils à sa mère à l'issue de vacances.

Selon une étude du ministère de la Justice, dans 76,8% des cas de divorce en 2010, les enfants sont hébergés chez leur mère en résidence principale. Seuls 7,9% vivent chez leur père et 14,8% bénéficient d'une résidence alternée.

A l'issue de la réunion avec les associations au ministère de la Justice, Christiane Taubira a reconnu que le geste de Serge Charnay avait conduit le Premier ministre a juger "très urgent de recevoir ces associations".

"LOIS SATISFAISANTES"

Pour autant, la ministre a estimé que les associations jugeaient "les lois satisfaisantes" et se contentaient de "contester la façon dont les jugements sont prononcés".

Elle s'est prononcée en conséquence pour un développement de la médiation et a invité, au-delà des statistiques, à examiner le nombre de cas où le père demandait réellement la garde de l'enfant.

Christiane Taubira a annoncé qu'une nouvelle réunion de travail aurait lieu afin d'approfondir le sujet.

Ces propos ont ulcéré Serge Charnay, qui a affirmé que le taux de garde accordé aux mères était de 85% et non pas de 70 ou 79%, chiffre évoqué par la ministre.

"Ces gens-là sont des incompétents et ils se foutent totalement qu'on détruise les familles (...) et il y aura encore des pères pour se foutre en l'air", a-t-il dit.

L'action spectaculaire du père divorcé survient à quelques jours d'une manifestation prévue mercredi à Nantes par l'association "SVP Papa" pour "dénoncer les dérives du pouvoir judiciaire" en matière de justice familiale.

Le préfet de Loire-Atlantique, Christian Gaillard de Lavernée, a répété dimanche que la justice était prête à examiner le 28 mars le dossier du père divorcé, une offre qu'il avait rejetée vendredi.

Le président de "SOS Papa", Fabrice Mejias, s'est déclaré à moitié déçu par la réunion au ministre de la Justice, jugeant que "le discours qui est tenu est malgré tout très politique et très politicien". "Ça ne correspond pas aux attentes des papas qui sont aujourd'hui en attente de signaux forts", a-t-il dit.

Pour Jean Latizeau, autre membre de l'association, l'action de Serge Charnay "a manifestement déclenché une prise de conscience". "C'est triste, mais dans notre pays, il faut arriver à des actions de ce type-là", a-t-il dit aux journalistes.

Service France, édité par Gérard Bon

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