Le père d'un des soldats tués à Bangui : « J'avais un très mauvais pressentiment »

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Le père d'un des soldats tués à Bangui : « J'avais un très mauvais pressentiment »
Le père d'un des soldats tués à Bangui : « J'avais un très mauvais pressentiment »

Les drapeaux mis en berne à Livry-Gargan pour la mort de Nelson Mandela le resteront pour Nicolas Vokaer. Mort à 23 ans à Bangui, le soldat de première classe a grandi dans cette ville de Seine-Saint-Denis où habitent toujours ses parents. Son père, Philippe Vokaer, évoque le parcours de son fils cadet.

Que savez-vous de la mort de votre fils ?

PHILIPPE VOKAER. Je ne peux pas en dire grand-chose encore. Un colonel m'a téléphoné pour me l'annoncer. Il était reparti en mission de nuit à Bangui. Les soldats étaient à bord de blindés puis ils en sont sortis. C'est tout ce que je sais. Ce qui m'étonne, c'est qu'on ait renvoyé les gosses au front alors qu'ils avaient eu une journée très chargée (NDLR : lundi).

Vous aviez communiqué avec votre fils ?

Oui, on avait échangé par SMS le soir même. Il m'avait décrit ce qu'il avait vu dans la journée. Il avait assisté à des scènes atroces. Dès que les soldats français désarmaient des miliciens musulmans, ils les voyaient se faire lyncher par une foule de chrétiens, en pleine rue. Et l'armée ne pouvait rien faire pour empêcher ça. La seule chose qui m'avait un peu rassuré, c'est qu'il m'avait expliqué que le lendemain il allait sécuriser des résidences de Français.

Vous étiez inquiet ?

Oui, j'avais un très mauvais pressentiment. Dès que j'ai su qu'il repartait en Centrafrique, j'ai tout de suite éprouvé beaucoup d'inquiétude. Sa mère et sa petite amie partageaient le même sentiment. Mais je ne pouvais imaginer qu'il serait le premier à se faire tuer...

Votre fils était déjà allé en Centrafrique ?

Il était déjà parti là-bas il y a un an. Tous les gars de Castres y étaient restés quatre mois environ, de novembre 2012 à mars 2013. Mais la situation n'était pas du tout la même. Cette fois, il était depuis deux mois à Libreville, au Gabon. Comme son régiment connaissait déjà Bangui, c'est lui qu'on a ...

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