Le Pen votera blanc dimanche et "bleu Marine" aux législatives

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Le Pen votera blanc dimanche et "bleu Marine" aux législatives
Le Pen votera blanc dimanche et "bleu Marine" aux législatives

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a annoncé mardi qu'elle voterait "blanc" au second tour de la présidentielle, refusant de choisir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande dont elle a raillé la "danse du ventre" pour séduire ses électeurs.

La présidente du Front national, qui a obtenu 17,9% des voix au premier tour et détient en partie les clés du second, a laissé ses sympathisants libres de leur choix tout en fustigeant le "mépris" affiché par les candidats UMP et PS.

"Je n'accorderai ni confiance, ni mandat à ces deux candidats", a-t-elle dit à l'issue du défilé de son parti en l'honneur de Jeanne d'Arc, à Paris.

"Dimanche, je voterai blanc et en juin, bleu Marine", a-t-elle ajouté en évoquant les prochaines législatives, où la dirigeante du FN espère transformer l'essai du 22 avril.

Marine Le Pen, qui a dénoncé le "système UMPS", a réservé ses attaques les plus virulentes à Nicolas Sarkozy, auquel elle reproche de "tenter désespérément de sauver sa réélection" en reprenant ouvertement des thèmes et idées du FN.

"Il y a là une escroquerie suprême que les Français ne peuvent ignorer", a-t-elle dit, fustigeant le refus du président sortant d'appeler à voter pour un candidat "mariniste" en cas de duels entre le FN et la gauche au second tour des législatives.

Marine Le Pen, qui a d'ores et déjà engagé la campagne des législatives, a estimé que son parti était devenu "le centre de gravité de la vie politique française" et s'est félicitée de son "extraordinaire réussite" à la présidentielle.

"À 20%, ILS PARLENT COMME NOUS"

Elle prédit une défaite de Nicolas Sarkozy et estime que son échec lui permettrait de profiter d'une probable "guerre des chefs" à l'UMP pour provoquer une recomposition à son profit.

Devant plusieurs milliers de sympathisants rassemblés place de l'Opéra, elle a insisté sur "l'extraordinaire puissance du vote", qui a vu, grâce à ses 17,9%, la classe politique changer de ton, voire de discours envers le FN.

"A près de 20%, ils parlent comme nous. A 30%, 35% ou 40%, nos idées seront au pouvoir", a-t-elle prédit.

Marine Le Pen mise sur son "Rassemblement bleu Marine" des législatives, qui associe des ex-chevènementistes et des villiéristes, pour faire entrer des élus "marinistes" à l'Assemblée nationale, ce qui serait une première depuis 1986.

Elle dénié tout droit à ses adversaires de mettre en doute le caractère républicain du FN, affirmant être la seule à défendre des valeurs comme la laïcité et à respecter le vote des Français. "Nous sommes les seuls à défendre la République française dans ce paysage politique", a-t-elle assuré.

Selon elle, l'élection présidentielle s'est achevée au soir du 22 avril, car le vainqueur sera un président fantoche.

"Le 6 mai, ce ne sera pas un président de la République qui sera élu mais un simple employé de la Banque centrale européenne (BCE), un sous-gouverneur des finances de Bruxelles", a-t-elle ironisé.

"UN DE NOS PLUS GROS DÉFILÉS"

Compte tenu du score élevé de la présidentielle, les discours de Jean-Marie Le Pen, qui a pris le premier la parole pour célébrer Jeanne d'Arc, et de sa fille ont été prononcés pour la première fois depuis des années place de l'Opéra.

Le Front national n'a pas chiffré dans l'immédiat la participation au rassemblement en l'honneur de Jeanne d'Arc, dont c'est le 600e anniversaire de la naissance. "Mais c'est un de nos plus gros défilés", a dit un responsable à Reuters.

Outre le traditionnel défilé syndical de la Fête du Travail, ce 1er-Mai très politique était marqué par le rassemblement sur le travail organisé au Trocadéro par Nicolas Sarkozy, que les syndicalistes considèrent comme une "provocation."

"Sarko, Hollande, c'est pareil", scandaient les sympathisants "marinistes", dont de plus en plus de jeunes, défilant de la place du Palais-Royal jusqu'à celle de l'Opéra.

La position de la présidente du parti, qui circulait depuis lundi au sein du parti, n'était une surprise pour personne.

Bien que portant un masque de Nicolas Sarkozy sur lequel on pouvait lire "c'est pas un bilan, c'est un dépôt de bilan", un militant a indiqué qu'il ne voterait pas pour le candidat PS. "On ne choisit pas entre la peste et le choléra", a-t-il dit.

Un autre, venu de Brest, a indiqué qu'il voterait Nicolas Sarkozy. "Mais ça me fait mal au coeur", a-t-il confié.

Dans les délégations venues de toute la France, les militants arboraient des drapeaux tricolores, des pancartes "Marine présidente" et des T-shirts "Français fier et fort".

Edité par Yves Clarisse

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  • bercam01 le mardi 1 mai 2012 à 15:43

    @Georg47 : tu as du laisser ton cerveau au vestiaire pour proférer une ânerie pareille... Et la stratégie, en politique, tu en as entendu parler ? Demande à ton pote le nain : il essaye d'en avoir une depuis le 22 avril, mais il va se ramasser, je ne te raconte pas !

  • Georg47 le mardi 1 mai 2012 à 15:20

    Le Pen est la réserve de Hollande ! et MLP donne l'exemple en votant blanc ce qui signifie voter Hollande et pour le vote des étrangers...un comble