Le Pen se dit seule légitime sur la sécurité et l'immigration

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MARINE LE PEN SE DIT SEULE LÉGITIME SUR LA SÉCURITÉ ET L'IMMIGRATION
MARINE LE PEN SE DIT SEULE LÉGITIME SUR LA SÉCURITÉ ET L'IMMIGRATION

par Gilbert Reilhac

STRASBOURG (Reuters) - Marine Le Pen est revenue dimanche à ses "fondamentaux", la lutte contre l'immigration et l'insécurité, pour contrer ce qu'elle estime être une offensive de séduction de Nicolas Sarkozy vis-à-vis des électeurs du Front national.

A quelques jours de l'entrée en campagne du président, qui a provoqué un tollé à gauche en insistant sur ces thèmes dans une interview au Figaro Magazine, la candidate d'extrême droite s'est empressée de réoccuper le terrain en dénonçant les échecs de Nicolas Sarkozy devant 1.800 personnes réunies à Strasbourg.

Elle a dit être revenue à ses "fondamentaux", selon la formule qu'elle a elle-même imaginée à la "une" des journaux.

"Je vais encore choquer les belles âmes et les bobos. Si l'insécurité progresse, c'est que l'immigration monte", a-t-elle lancé sous le feu nourri des applaudissements. "Personne d'autre que moi n'aura le courage de régler ce problème", a-t-elle dit.

Elle a accusé Nicolas Sarkozy de "manquer d'originalité" en reprenant les promesses de sa campagne de 2007.

"Ils vont refaire le même coup. Ils sous-estiment le peuple français", a-t-elle dit, en référence à l'interview.

Elle a qualifié le président sortant et les membres de son équipe de "récidivistes".

"Ça fait dix ans que Nicolas Sarkozy est en charge des affaires d'immigration et de sécurité, cinq ans comme ministre de l'Intérieur, cinq ans comme président de la République", a-t-elle souligné.

"Qui peut croire une demi-seconde qu'il va faire demain ce qu'il n'a pas fait hier", a-t-elle demandé en dénonçant les 200.000 immigrés légalement accueillis chaque année en France, les "émeutes dans les banlieues" et le développement du "communautarisme".

FIN DU DROIT DU SOL

La présidente du FN promet de revenir sur le droit du sol qui garantit la nationalité française à tout enfant né en France, de réduire l'immigration légale à 10.000 entrées par an en 2017, selon des profils soigneusement sélectionnés.

Elle veut mettre fin à "l'absurdité du regroupement familial" et "réduire le droit d'asile".

"L'Islam devra s'adapter à la laïcité", a-t-elle ajouté en estimant que "la République tremble devant les fondamentalistes".

"Dans les cantines publiques, la nourriture halal sera prohibée", a-t-elle ajouté. "L'école publique laïque et républicaine ne peut pas être le lieu de revendications touchant à des interdits alimentaires."

Elle a également promis d'interdire les signes religieux ostentatoires dans les établissements publics, visant plus particulièrement le voile intégral pourtant déjà prohibé par une loi du 11 octobre 2010.

Au plan européen, elle entend dénoncer les accords de Schengen qui garantissent la liberté de circulation entre 25 pays de l'UE et renégocier la Convention européenne des droits de l'homme, qui tient lieu de loi fondamentale entre les 47 Etats membres du Conseil de l'Europe.

Marine Le Pen a dit viser en particulier son article 8 sur le droit au respect de la vie privée et familiale, qui est, selon elle, "utilisé en permanence pour nous empêcher d'avoir la maîtrise de notre immigration".

Si elle a profité de son passage en Alsace, l'une des terres d'élection du Front national, pour mettre la barre à droite, la fille de Jean-Marie Le Pen, dont la lutte contre l'immigration était le combat prioritaire, n'a pas pour autant renoncé à lancer des signaux à la frange de l'électorat de gauche, tant ouvrier qu'intellectuel, qui est séduite par son discours.

"Qui réclame toujours plus d'immigrés, qui a besoin d'une main d'oeuvre bon marché ? Le Medef de Laurence Parisot, le grand patronat", a-t-elle affirmé.

La candidate s'est également affirmée, dans son refus de la "discrimination positive" prônée par Nicolas Sarkozy en 2007, et de tout droit particulier accordé aux communautés immigrées, comme la seule à défendre la laïcité.

Elle s'est défendue de toute xénophobie.

"Nous ne sommes portés que par l'amour de notre peuple", a-t-elle assuré, quand Jean-Marie Le Pen faisait des "Français d'abord" son slogan de campagne.

Edité par Yves Clarisse

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  • georg199 le lundi 13 fév 2012 à 08:17

    Bonnes idées sur l'immigration mais complètement imbécile sur l'économieDommage

  • chatnour le dimanche 12 fév 2012 à 21:54

    ah ! évidemment, j'aurais dû m'en douter, une telle élégance, ce ne pouvait être que lagarto !