Le Pen accuse le Qatar de financer fondamentalisme et milices

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PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a fustigé mercredi le Qatar, qu'elle accuse de financer le fondamentalisme islamique dans toutes les régions du monde ainsi que les milices djihadistes comme en Libye et d'investir en France à cette fin.

Invitée de l'émission "Questions d'Info" LCP/France Info/Le Monde/AFP, la présidente du Front national a estimé que non seulement on minimisait "l'avancée et le risque fondamentaliste" en France mais que "dans un certain aspect, on l'encourage."

"Le Qatar, qui est un des meilleurs amis de Nicolas Sarkozy depuis des mois, investit dans nos entreprises stratégiques et dans nos banlieues. Vous croyez qu'ils investissent uniquement pour quoi ? Pour aider l'économie des banlieues françaises ? Moi, je ne le crois pas", a-t-elle dit.

La candidate du FN était interrogée sur l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui doit tenir son rassemblement annuel près de Paris le 6 avril.

Elle a rappelé s'être élevée la première contre la présence à ce congrès de deux prédicateurs fondamentalistes, dont un qatari connu pour ses propos antisémites auquel Nicolas Sarkozy a finalement décidé de refuser un visa.

Selon Marine Le Pen, l'UOIF "a pris le pouvoir sur le CFCM (Conseil français du culte musulman) grâce à Nicolas Sarkozy" et "entretient des liens extrêmement proches avec les salafistes et les Frères musulmans".

"On retrouve dans ces influences le Qatar qui investit dans nos entreprises stratégiques (...) sans que l'Etat français n'y voit absolument aucun inconvénient", a-t-elle insisté.

"L'émir du Qatar finance le fondamentalisme islamique dans toutes les régions du monde (...) l'émir du Qatar finance toutes les milices djihadistes au travers du monde et il investit en France", a-t-elle dit.

Pour la dirigeante du FN, ces investissements sont pour le Qatar "un des moyens d'atteindre la jeunesse des banlieues".

Selon Le Figaro, paru mercredi, les autorités françaises ont demandé au Qatar de laisser passer les élections présidentielle et législatives pour lancer son fonds destiné aux banlieues françaises.

"Nous voulons que cela se fasse dans l'apaisement et pas dans la polémique", a expliqué au quotidien Kamal Hamza, président de l'Association nationale des élus locaux de la diversité (Aneld), qui avait obtenu cet engagement après une mission au Qatar en novembre,

Ce fonds de 50 millions d'euros doit permettre de financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues. L'ambassadeur de l'émirat à Paris avait expliqué lors de l'annonce en décembre qu'il ne s'agissait pas de "charité" mais de mise en place de partenariats dans des projets "sérieux" et "solides".

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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