Le PEA-PME changera-t-il la donne des petites et moyennes valeurs ?

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(lerevenu.com) - Une enquête de Morningstar auprès des sociétés de gestion a tenté d'évaluer l'impact de la collecte des futurs fonds PEA-PME sur la valorisation des petites et moyennes capitalisations de la cote.

Le PEA-PME rencontrera-t-il un succès d'estime ou fera-t-il, au contraire, un carton plein ? Un premier sondage effectué auprès d'une quarantaine de professionnels gérant déjà des fonds de petites et moyennes valeurs donne quelques éléments de réponse. L'enquête de Morningstar, associé à ID MidCaps et au site toutsurmesfinances.com, montre déjà que 71% de ces gérants d'actifs envisagent de lancer un ou plusieurs fonds dont les parts pourront garnir un PEA-PME.

Les gérants interrogés disent vouloir investir dans ces fonds PEA-PME aussi bien des actions françaises qu'européennes, ou même des obligations, puisque ce nouveau PEA l'autorisera, dans certaines conditions. A une très large majorité (61%), ces sociétés de gestion envisagent de créer un nouveau fonds PEA-PME spécifique, alors que 30% se contenteront d'aménager des fonds de leur gamme déjà spécialisés dans les mid et small caps.

A en croire les réponses recueillies pour ce sondage, les sociétés de gestion font montre de la plus grande prudence pour leurs objectifs de collecte : 75% visent moins de 50 millions d'euros alors que les fonds de la catégorie Morningstar de fonds de moyennes et petites valeurs affichent un encours moyen de 70 millions d'euros. Les fonds PEA-PME collecteraient donc, selon cette enquête, environ 1 milliard d'euros en 2014, ce qui s'avère très inférieur aux projections du gouvernement qui, lui, en attend 2 milliards d'euros de souscription, la première année, pour l'essentiel investis dans des actions de sociétés françaises.

Le bureau d'analyse financière IDMidcaps n'en attend pas moins «un impact haussier mécanique sur les indices de valeurs moyennes que nous estimons entre 7 et 8%». Si les pouvoirs publics ont raison, une collecte de 2 milliards d'euros dans des fonds PEA-PME viendrait, en effet, s'investir dans un flottant de titres disponibles de 22,5 milliards d'euros. A cet égard, 63% des gérants interrogés jugent le cadre fiscal du PEA-PME adapté.

Ces professionnels de la gestion déplorent cependant l'impossibilité d'y placer des obligations en direct et surtout le choix de critères d'éligibilité qui excluent de fait 42 sociétés appartenant à des secteurs comme l'intérim, les services informatiques, les services aux particuliers ou les équipementiers automobiles. Le projet de loi de finances a, en effet, choisi, plutôt que la capitalisation boursière (maximale), les critères de l'INSEE définissant une PME ou une ETI, à savoir des effectifs inférieurs à 5.000 salariés, un chiffre d'affaires de moins de 1,5 milliard d'euros, ou un total de bilan n'excédant pas 2 milliards d'euros.

Le bureau d'analyse financière n'en reste pas moins optimiste pour les perspectives des valeurs appartenant à l'indice Small & Midcaps, même si la décote de 30% observée par rapport aux multiples de capitalisation du cash-flow de 2006-2007 a été réduite de moitié. IDMidcap rappelle aussi que sur onze ans, le CAC Mid & Small a gagné 182% alors que le CAC 40 n'a progressé que de 40% sur la même période : «Le CAC M&S a fait mieux 8 fois sur onze que le CAC 40.» Depuis janvier dernier, l'indice des petites et valeurs moyennes (+24%) devance nettement le CAC 40 (+18%).

Comme le PEA classique, dont le plafond sera relevé, dès le 1er janvier 2014, de 132.000 à 150.000 euros, le PEA-PME bénéficiera d'une fiscalité allégée : exonération d'impôt, au bout de cinq ans de détention, des plus-values et dividendes, à l'exception des prélèvements sociaux (15,5%). Cette enveloppe fiscale supplémentaire permettra donc, à partir du 1er janvier prochain, d'investir dans des actions des PME et ETI, en direct ou via des fonds spécialisés, de même que des parts de fonds commun de placement ou de fonds d'investissement alternatif, à la condition qu'ils soient investis à 75% en titres émis par des PME et ETI (dont 50% en actions de ces PME-ETI), et les parts de fonds communs de placement à risque (FCPR), de fonds d'investissement de proximité (FIP) et de fonds communs de placement dans l'innovation (FCPI).

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