Le PDG de Wells Fargo présente ses excuses au Sénat américain

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LE PDG DE WELLS FARGO AUDITIONNÉ AU SÉNAT AMERICAIN
LE PDG DE WELLS FARGO AUDITIONNÉ AU SÉNAT AMERICAIN

WASHINGTON (Reuters) - Le PDG de Wells Fargo a présenté ses excuses mardi pour les pratiques douteuses de la banque, notamment l'ouverture de deux millions de comptes clients factices qui ont permis à la banque américaine de facturer des frais indus pendant plusieurs années à une partie de ses clients.

"J'assume l'entière responsabilité de ces pratiques de vente contraires à l'éthique", a dit John Stumpf devant la Commission bancaire du Sénat.

Le conseil d'administration de la banque est en train d'étudier les mesures à prendre contre ses dirigeants, a-t-il expliqué aux sénateurs.

Wells Fargo a accepté au début du mois de verser 190 millions de dollars (170 millions d'euros environ) d'amendes et d'indemnités pour avoir créé ces comptes à l'insu des clients concernés, une pratique qui permettait à certains de ses salariés d'atteindre leurs objectifs commerciaux.

Mais sur ces 190 millions, cinq seulement seront consacrés à l'indemnisation des clients alors que, selon les parlementaires, les "faux" comptes ont pu se traduire pour certains d'entre eux, au-delà des frais de tenue de compte, par des coûts indirects, lors d'emprunts par exemple.

Les banques américaines évaluent en effet la qualité de crédit de leurs clients en se basant entre autres sur la situation de leurs comptes, ce qui influe sur les taux d'intérêt des prêts qu'ils peuvent souscrire.

Thomas Curry, Comptroller of the Currency (Contrôleur de la monnaie, l'une des autorités de tutelle du secteur bancaire), a déclaré au Sénat que ses services envisageaient des mesures contre certains dirigeants de Wells Fargo.

HILLARY CLINTON MET EN CAUSE LE PDG

Sherrod Brown, membre démocrate de la commission sénatoriale, a accusé Wells Fargo d'avoir exploité ses clients et d'avoir tardé à réagir pour mettre fin à ces abus.

"J'ai été sidéré lorsque j'ai appris l'ampleur et la durée de la fraude", a dit ce sénateur de l'Ohio.

Il a souligné que les employés de la banque "falsifiaient des signatures, volaient des pièces d'identité, des numéros de Sécurité sociale et l'argent durement gagné de leurs clients pour conserver leurs emplois mal payés et faire gagner de l'argent aux dirigeants bien payés de Wells Fargo."

D'anciens salariés ont rapporté qu'ils subissaient de très vives pressions pour multiplier les comptes de chaque client.

Wells Fargo a reconnu que ses pratiques abusives avaient duré plus de cinq ans. Le groupe a licencié 5.300 personnes en lien avec l'affaire.

Les pratiques frauduleuses ont été identifiées dès 2011 mais les dirigeants de la banque n'ont réalisé l'étendue du problème qu'au début de 2015, s'est défendu John Stumpf.

Dans une lettre aux clients de la banque rendue publique mardi, Hillary Clinton a déclaré: John Stumpf "nous doit tous une explication claire sur la façon dont tout cela a pu se produire sous sa direction".

La candidate démocrate à la présidence, qui a été accusée pendant les primaires de représenter les intérêts de Wall Street, a dit vouloir un terme à ce qu'elle appelle "la culture de la mauvaise gestion et de l'imprudence" dans le système bancaire.

Son projet prévoit notamment de "récupérer" les rémunérations des dirigeants impliqués dans des pratiques frauduleuses et de démanteler les banques mal gérées.

L'équipe de campagne de son rival républicain, Donald Trump, n'a pas répondu dans l'immédiat à des demandes de commentaires sur le dossier Wells Fargo.

(Patrick Rucker à Washington et Dan Freed à New York; Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)


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