Le PDG de France Télécom convoqué dans l'affaire Tapie

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STÉPHANE RICHARD CONVOQUÉ DANS L'AFFAIRE TAPIE
STÉPHANE RICHARD CONVOQUÉ DANS L'AFFAIRE TAPIE

PARIS (Reuters) - Le PDG de France Télécom est convoqué par la Cour de discipline budgétaire et financière dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage privé qui a soldé en 2008 le litige opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas.

Stéphane Richard, qui confirme cette convocation jeudi au Monde, était directeur de cabinet de Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie, à l'époque des faits.

"Je n'ai rien à cacher dans cette affaire", dit le PDG de France Télécom.

"Je n'étais pas détenteur du pouvoir politique. J'étais un rouage du système, et je n'ai pas pris un centime dans ce dossier qui ne me vaut que des ennuis. Mon nom n'est pas cité dans les deux réquisitoires de la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF), il n'y a eu aucun élément nouveau dans cette enquête depuis deux ans", ajoute-t-il.

Pourtant, selon le quotidien, qui révèle jeudi cette information, Stéphane Richard est convoqué afin d'être mis en cause pour "octroi d'un avantage injustifié".

La Cour, qui est chargée de sanctionner par des amendes les infractions à l'ordre public financier et juge notamment les fonctionnaires, a l'intention de clore son enquête fin mai, poursuit Le Monde.

Ni la CDBF ni France Télécom n'étaient joignables dans l'immédiat.

Trois enquêtes sont menées en parallèle sur cet arbitrage privé, décidé en 2007, et qui a mis un terme au litige judiciaire opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais sur la revente, en 1993, par le Crédit Lyonnais, d'Adidas, contrôlé par l'homme d'affaires.

Une procédure visant la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde, qui est convoquée fin mai, est ouverte depuis l'été 2011 à la Cour de justice de la République, seule habilitée à traiter des délits concernant des ministres dans l'exercice de leur fonction, pour complicité de détournement de fonds publics et de faux.

Le parquet de Paris a également ouvert en septembre dernier une information judiciaire pour usage abusif des pouvoirs sociaux et recel de ce délit dans cette affaire, et la Cour de discipline budgétaire et financière mène sa propre enquête.

Un tribunal arbitral a condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation, structure créée en 1995 pour gérer le passif du Crédit Lyonnais après sa quasi-faillite, à verser à l'homme d'affaires Bernard Tapie 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral (403 millions d'euros avec les intérêts).

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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