Le PDG de France Télécom convoqué dans l'affaire Tapie

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STÉPHANE RICHARD CONVOQUÉ DANS L'AFFAIRE TAPIE
STÉPHANE RICHARD CONVOQUÉ DANS L'AFFAIRE TAPIE

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Le PDG de France Télécom sera bientôt convoqué par la Cour de discipline budgétaire et financière dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage privé qui a soldé en 2008 le litige opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas, a-t-on appris auprès de son avocat.

Stéphane Richard n'a toutefois reçu à ce jour qu'une lettre accompagnée de deux réquisitoires définitifs qui ne le mettent pas directement en cause, contrairement à ce qu'écrit Le Monde daté de vendredi, a-t-il précisé.

Le patron de France Télécom était directeur de cabinet de Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie, à l'époque des faits.

"Il y a bien eu une lettre qui lui a adressé deux réquisitoires définitifs", a dit à Reuters son avocat, Me Jean-Etienne Giamarchi. Mais "ces réquisitions ne le concernent pas. Aucun des faits relevés par le procureur général ne lui sont imputés".

"Dans cette lettre, (le procureur) se propose de l'entendre sur ces faits, et ajoute qu'une convocation lui sera adressée, mais il n'a rien reçu", a-t-il ajouté.

"Ce n'est pas parce qu'il va recevoir une convocation qu'il va être mis en cause", a-t-il conclu, soulignant qu'il pouvait être entendu comme témoin.

Dans Le Monde daté de vendredi, Stéphane Richard dit n'avoir "rien à cacher dans cette affaire".

"Je n'étais pas détenteur du pouvoir politique. J'étais un rouage du système, et je n'ai pas pris un centime dans ce dossier qui ne me vaut que des ennuis", dit-il. "Mon nom n'est pas cité dans les deux réquisitoires de la CDBF, il n'y a eu aucun élément nouveau dans cette enquête depuis deux ans".

TROIS ENQUÊTES PARALLÈLES

Pourtant, selon le quotidien, le PDG de France Télécom serait convoqué afin d'être mis en cause pour "octroi d'un avantage injustifié".

La Cour, qui est chargée de sanctionner par des amendes les infractions à l'ordre public financier et juge notamment les fonctionnaires, a l'intention de clore son enquête fin mai, poursuit Le Monde.

Ni la CDBF ni France Télécom n'étaient joignables dans l'immédiat.

Trois enquêtes sont menées en parallèle sur cet arbitrage privé, décidé en 2007, et qui a mis un terme au litige judiciaire opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais sur la revente, en 1993, par le Crédit Lyonnais, d'Adidas, contrôlé par l'homme d'affaires.

Une procédure visant la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde, est ouverte depuis l'été 2011 à la Cour de justice de la République, seule habilitée à traiter des délits concernant des ministres dans l'exercice de leur fonction, pour complicité de détournement de fonds publics et de faux.

L'ancienne ministre de l'Economie est convoquée fin mai.

Le parquet de Paris a de son côté ouvert en septembre dernier une information judiciaire pour usage abusif des pouvoirs sociaux, recel de ce délit, détournement de fonds publics et faux, dans le volet non-ministériel de cette affaire. La Cour de discipline budgétaire et financière mène également sa propre enquête.

Un tribunal arbitral a condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation, structure créée en 1995 pour gérer le passif du Crédit Lyonnais après sa quasi-faillite, à verser à l'homme d'affaires Bernard Tapie 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral (403 millions d'euros avec les intérêts).

Chine Labbé, édité par Patrick Vignal

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