Le PDG d'Alstom estime que l'Etat ferait un bon investissement

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POUR PATRICK KRON, L'ÉTAT FERAIT UN BON INVESTISSEMENT AVEC ALSTOM
POUR PATRICK KRON, L'ÉTAT FERAIT UN BON INVESTISSEMENT AVEC ALSTOM

PARIS (Reuters) - L'Etat ferait un bon investissement en prenant 20% du capital d'Alstom dans le cadre de la vente de la branche énergie du groupe à l'américain General Electric, a estimé lundi le PDG du groupe français, Patrick Kron.

L'Etat a conclu dimanche un accord avec Bouygues qui lui accorde une option d'achat sur 20% du capital d'Alstom pendant 20 mois à compter de la finalisation de l'opération, prévue au premier semestre 2015.

L'exercice de cette option constituerait le scénario exactement inverse de 2006, quand le groupe de BTP avait repris la part de l'Etat dans le spécialiste des infrastructures de transport et d'énergie.

"L'Etat était actionnaire à 20% d'Alstom il n'y pas si longtemps et ça n'a pas été une mauvaise solution ni une mauvaise expérience, que ce soit pour l'Etat, pour Alstom ou pour les autres actionnaires", a déclaré Patrick Kron lors d'une conférence avec les analystes financiers.

"Je pense qu'il ferait un bon investissement dans Alstom, c'est une société qui a un fort potentiel de création de valeur et je m'attends à ce que tous les actionnaires en bénéficient", a-t-il ajouté.

Etant donné que son entrée au capital et au conseil d'administration aurait lieu après l'opération avec GE, l'Etat n'aura pas son mot à dire sur l'utilisation qui sera faite du produit de cession de la branche énergie, a cependant souligné Patrick Kron.

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, a de son côté déclaré qu'aucune contrepartie n'avait été négociée avec Bouygues.

"Si M. Bouygues n'avait pas passé un accord ce week-end, l'opération de GE était bloquée par le gouvernement, c'était une condition préalable", a-t-il observé sur BFM TV.

Dans le cadre de son accord avec GE, Alstom cèdera au géant américain sa branche énergie pour 12,35 milliards d'euros, comme prévu, mais il devra ensuite investir 2,5 milliards dans trois coentreprises détenues à parité avec GE.

 

ALSTOM VISE LES MARCHÉS FERROVIAIRES AUX ETATS-UNIS

Ces coentreprises, contrôlées par GE, seront créées dans les activités nucléaires dans le monde et la vapeur en France, ainsi que dans les réseaux et dans les renouvelables (éolien en mer et hydroélectrique).

Compte tenu de l'investissement d'Alstom dans ces sociétés et de la trésorerie transférée à GE, le montant net en numéraire payé par le groupe américain s'élèvera à 10 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros).

Alstom a prévu d'utiliser le produit de la cession pour renforcer ses activités dans le ferroviaire, investir dans les alliances avec GE dans l'énergie, se désendetter et distribuer le solde à ses actionnaires.

Les coentreprises prévues avec GE représentent un chiffre d'affaires global de 7,6 milliards d'euros et n'étaient pas programmées dans le projet d'origine, fin avril, amendé pour répondre à une logique d'alliance défendue par le gouvernement français.

Elles incluront pour Alstom des options de sortie, par exemple à travers des introductions en Bourse, a souligné Patrick Kron.

Alstom a également signé avec GE un protocole d'accord en vue de lui acheter son activité de signalisation ferroviaire pour 825 millions de dollars (602 millions d'euros) et conclure des accords de coopération dans le ferroviaire portant notamment sur les services, les technologies, la production et l'assistance commerciale aux Etats-Unis.

"Nous avons des ambitions aux Etats-Unis dans le transport urbain et dans la grande et la très grande vitesse et ce sont des domaines dans lesquels, au cas par cas, GE peut nous soutenir", a estimé Patrick Kron.

Alstom pense pouvoir faire croître son activité et ses marges dans le ferroviaire, a également indiqué le PDG.

Un vendeur actions basé à Paris, qui valorise l'action Alstom autour de 33 euros, estime que l'opération avec GE n'est "pas si mauvaise" pour le groupe français dans la mesure où l'entreprise américaine reprendrait les passifs et assurerait la gestion des risques des coentreprises dans l'énergie.

UBS estime de son côté que l'action Alstom vaudra 32 euros, une fois que le groupe sera recentré sur le transport.

Vers 11h00, l'action Alstom était quasiment stable (-0,04%) à 27,99 euros pendant que le CAC 40 se repliait de 0,7%.

 

(Benjamin Mallet et Natalie Huet, avec Alexandre Boksenbaum-Granier et Marine Pennetier, édité par Jean-Michel Bélot)


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  • gacher le lundi 23 juin 2014 à 11:49

    option d'achat pour un état en culotte courte. Dans 20 mois, on sera sous la tutelle de l’Europe.