Le patronat se rallie finalement à un accord sur l'énergie

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LE PATRONAT SE RALLIE FINALEMENT À UNE SYNTHÈSE DU DÉBAT SUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
LE PATRONAT SE RALLIE FINALEMENT À UNE SYNTHÈSE DU DÉBAT SUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

PARIS (Reuters) - Le patronat français s'est finalement rallié jeudi à la synthèse du débat sur la transition énergétique lancé fin 2012, après avoir critiqué certaines propositions "utopiques" de ce texte qui doit alimenter une loi de programmation à la rentrée.

En fonction de l'évolution de la consommation, le texte propose entre 30 et 40% d'énergies renouvelables en 2030.

"Il y a eu une vraie évolution dans la journée, initialement ce document nous ne pouvions pas l'endosser", a déclaré Michel Guilbaud, directeur général du Medef, principale organisation patronale, soulignant les divergences reconnues par le texte.

"Il constitue un document de synthèse que nous acceptons et qui va permettre au gouvernement de travailler dans la concertation", a-t-il ajouté à l'issue du débat.

Des modifications à la marge ont été apportées au texte final et le titre est notamment passé à la demande du Medef de "recommandations" à "synthèse".

Plusieurs ONG comme France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot (FNH) ont fait part de leur satisfaction sur les dizaines de propositions formulées par le texte final.

"Après le petit coup de bluff, on est enfin revenus au fond, et donc nous sommes plutôt satisfaits, c'est la victoire des idées de la transition, du changement de modèle (énergétique)", a dit Matthieu Orphelin, porte-parole de la FNH.

Le Medef, l'Union professionnelle artisanale (UPA), la CGPME, qui représente les petites et moyennes entreprises, et la FNSEA, principal syndicat agricole français, avaient affirmé jeudi matin que le document soumis n'était pas "consensuel".

PAS LES MOYENS, DIT LE MEDEF

"Pour que cette transition soit réussie, elle doit impérativement s'inscrire dans le contexte européen et international et viser un triple objectif: compétitivité, sécurité d'approvisionnement et changement climatique, domaine dans lequel la France se distingue par ses performances", avaient-elles déclaré dans un communiqué commun.

Les propositions qui sont sur la table sur le volet énergie sont "incompatibles avec les impératifs de compétitivité des entreprises", ajoutaient les quatre organisations.

Jean-Louis Schilansky, président de la commission Energie du Medef et de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) a estimé sur BFMTV que ces recommandations étaient "utopiques".

"Il faut des besoins de financements considérables, on parle de plusieurs centaines de milliards d'euros", a-t-il dit en estimant qu'on n'avait "pas les moyens de le faire".

"Ce n'est pas la peine d'essayer de se projeter dans cet univers-là qu'on n'arrivera pas à atteindre. Il faut prendre des mesures réalistes, économiques, qui améliorent le pouvoir d'achat des Français et pas projeter une société idéale qu'on ne pourra pas obtenir", a-t-il ajouté.

Le besoin d'investissement cumulé est estimé par la synthèse à environ 2.000 milliards d'euros d'ici à 2050 mais entre la moitié et les deux tiers de ce chiffre a déjà été programmé par les acteurs économiques, a précisé mercredi le secrétariat du débat national, évoquant notamment les travaux prévus par EDF.

"PROSÉLYTISME ECOLOGIQUE"

La synthèse contient quinze chapitres, qui déclinent des dizaines de propositions, consensuelles ou non, pour engager la France vers une économie plus sobre en carbone et un mix énergétique plus diversifié.

Les propositions restent vagues sur plusieurs sujets épineux comme la façon dont la France parviendra à concrétiser la promesse de François Hollande de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité à l'horizon 2025.

Le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin, a dit qu'il défendrait "bec et ongles" ce texte lors de la préparation du projet de loi sur la transition énergétique, attendu à l'automne et qui devrait être débattu début 2014 à l'Assemblée nationale.

"Bien sûr, je n'ai jamais pensé que le ministre de l'Ecologie n'avait pas une mission de prosélytisme à l'égard des autres membres du gouvernement, même si mon souhait c'est que chaque ministre soit un peu ministre du développement durable", a-t-il déclaré à Reuters, citant notamment le Redressement productif ou l'Education.

Marion Douet, avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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