Le patronat menace de boycotter la conférence sociale

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LE PATRONAT MENACE DE BOYCOTTER LA CONFÉRENCE SOCIALE
LE PATRONAT MENACE DE BOYCOTTER LA CONFÉRENCE SOCIALE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les présidents du Medef, de l'Union professionnelle artisanale (UPA) et de la CGPME, qui menacent de boycotter la conférence sociale des 7 et 8 juillet, ont rendez-vous mardi pour arrêter une position commune, a-t-on appris jeudi de sources patronales.

Ces organisations patronales font monter la pression à quelques jours de cette conférence sur laquelle François Hollande et son gouvernement misent pour relancer le dialogue social et engager de nouvelles réformes.

Elles dénoncent l'application à partir du 1er janvier 2015 d'un dispositif de compensation pour les salariés exposés à des travaux pénibles, financé par une taxe patronale, malgré des ajustements apportés par le gouvernement.

L'UPA parle de "formidable machine à compliquer la vie des entreprises" et de "bombe à retardement".

Selon une source patronale, le Medef pensait avoir obtenu le report de l'application de ce "compte personnel de prévention de la pénibilité" à 2016 et "a l'impression de se faire avoir".

La CGPME dénonce aussi l'entrée en vigueur, le 1er juillet, de la durée minimale de 24 heures de travail par semaine pour les contrats à temps partiel, qui découle pourtant d'un accord interprofessionnel de 2013 sur la sécurisation de l'emploi.

"L'impact sur les embauches à temps partiel sera désastreux, privant ainsi la France de plusieurs centaines de milliers d'emplois", prédit-t-elle dans un communiqué diffusé jeudi.

"De nombreux chefs d'entreprise dont l'activité commande de recruter des salariés moins de 24 heures par semaine renonceront à embaucher", explique la CGPME. Il est encore temps de bloquer cette mesure. Maintenant."

PARTICIPER OU NON?

Quant au Medef, il continue de juger insuffisants les quelque 41 milliards d'euros de baisses de charges et d'impôts des entreprises programmés par le gouvernement sur les trois prochaines années, dans le cadre du pacte de responsabilité, et souhaiterait au moins un calendrier beaucoup plus ramassé.

Dans ce contexte, les trois organisations mettent en doute l'objectif même de la conférence des 7 et 8 juillet.

"Notre idée était de dire que c'était davantage un point d'étape pour regarder tous les textes dans les tuyaux ou entrant en application et pour voir comment corriger le tir", explique à Reuters le secrétaire général de la CGPME.

"A une semaine de la conférence, sur deux points de blocage majeurs, on nous claque la porte sur les doigts en nous disant qu'on ne bougera plus", poursuit Jean-Eudes du Mesnil. "Dialoguer dans ces conditions n'est pas simple."

Enfin, selon ce dirigeant, les organisations patronales refusent que la conférence impose l'ouverture de nouvelles discussions susceptibles de déboucher sur des contraintes et des prélèvements supplémentaires pour les entreprises.

"Y a-t-il un quelconque intérêt à participer à la conférence sociale? C'est une vraie question", s'interrogeait le Medef mardi soir sur son compte Twitter. Une question également posée quelques heures plus tôt par la CGPME.

La réunion de mardi au siège de la CGPME aura pour objet de fixer une "position patronale sur l'opportunité de participer ou non à la conférence", confirme Jean-Eudes du Mesnil, qui juge à ce stade un boycottage effectivement possible.

"FRITURE SUR LA LIGNE"

A défaut, les trois organisations patronales pourraient décider d'un "autre mode d'expression", souligne-t-on à l'UPA. "Tout est possible", renchérit-on au Medef.

Les organisations patronales sont cependant loin d'être sur la même ligne sur tous les sujets. La CGPME ne suit ainsi pas le Medef dans sa position radicale sur le pacte de responsabilité, inspirée notamment par l'Association française des entreprises privées (AFEP), qui fédère les grandes sociétés.

Le Medef est lui-même loin d'être monolithique. Si son président, Pierre Gattaz, est plutôt sur une ligne dure et, selon une source patronale, partisan de bouder la conférence, son pôle social, conduit par Jean-François Pilliard, est plutôt partisan de ne pas rompre le dialogue avec le gouvernement.

Le gouvernement veut croire que la poussée de fièvre des derniers jours relève d'une mise en scène pré-conférence - qui n'est pas l'apanage du seul patronat - et d'une concurrence entre organisations, voire d'arrière-pensées politiques.

"La base de ces organisations est préoccupée par la vie des entreprises mais souvent aussi assez active dans des milieux qui ne veulent pas nécessairement du bien au gouvernement", dit-on de source gouvernementale. "Tout ça crée, dans une situation économique et sociale complexe, de la friture sur la ligne."

"Il n'y a pas de crainte particulière", assure-t-on cependant de même source. "Il ne faut être ni négligent ni naïf. On est assez serein mais vigilant."

(Edité par Yves Clarisse)

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  • nebraska le jeudi 26 juin 2014 à 18:52

    Et si le Medef ne veut pas perdre ses adhérents, il a tout interet à nous représenter correctement et se montrer comme étant une force d'opposition et de concertation face au GVT et aux syndicats. On ne peut pas dire amen à tout sans casser des pans entier de notre économie. Travailler ou chômer, il faut choisir.

  • nebraska le jeudi 26 juin 2014 à 18:37

    Nous ne pouvons plus supporter les bêtises et le forcing de nos politicards. Le Medef est enfin dans son vrai rôle CAD représenter les PME/PMI en plus des grands groupes. Les conférences et négociations ne valent que si les parties en présences discutent et décident de ce qui doit etre fait en bonne intelligence ce qui n'est pas le cas, puisque ces 7 dernières années et meme avant, seuls les GVT décidaient. Nous en avons marre !!!

  • mucius le jeudi 26 juin 2014 à 18:34

    Réduisez au maximum les investissements tant que ces nullards seront au gouvernement! Il faut les enliser totalement.

  • mucius le jeudi 26 juin 2014 à 18:33

    Les chefs d'entreprise ne doivent plus discuter avec ces syndicats marxistes qui ne représentent rien et en plus ils sont soutenus par ce gouvernement d'incompétents formés à la lutte des classes. Allez une bonne action, MEDEF, CGPME n'allez à cette conférence bidon!

  • M9095115 le jeudi 26 juin 2014 à 18:33

    ces illuminés au gouvernement ont détruit l'économie et veulent continuer pour l'envoyer dans le trou

  • nebraska le jeudi 26 juin 2014 à 18:32

    M740 - Beaucoup des derniers (pour ne pas dire tous) projets de lois ont été assimilés et mis sur le dos du Medef alors qu'il s'agissait en fait de décisions purement politiques. Et nous en avons marre de mettre en avant les "sales voyous de patrons" qui ne sont pour rien dans la baisse des acquis sociaux en France. C'est tout. Et en tant que base du Medef, nous en avions marre de voir le Medef Dire amen au Gvt et prendre sur son dos toutes les critiques des citoyens.

  • nebraska le jeudi 26 juin 2014 à 18:30

    M740 - Concernant le Medef, la base a enfin bougée et fait part de son mécontentement afin que le Medef les représentent enfin (puisque c'est tout de même par la base qu'ils sont payés). Il s'avère que toutes les dernières négociations et surtout projets ont été initiés par le GVT sans AUCUNE négociation possible par le Medef. Donc il s'agit en définitive de mettre le GVT au pied du mur devant LEUR fait accompli. C'est à eux d'assumer leurs décisions et non au Medef.

  • nebraska le jeudi 26 juin 2014 à 18:26

    Pour les 2 pinsons d'il y a une heure : Concernant les contrats mini de 24H00. Je suis une pme et j'ai une femme de ménage qui vient bosser 9H00 semaine, ce qui est suffisant. Si demain je dois la passer à 24H00 elle fera quoi ? Moi en revanche je sais ce que je ferais : licenciement. Et nous sommes nombreux dans ce cas.

  • pier4564 le jeudi 26 juin 2014 à 18:25

    comme pour le duflop, le gouvernement renoncera à ces aberrations!

  • M7403983 le jeudi 26 juin 2014 à 17:59

    La CGPME est claire sur la sujet. Par contre le Medef ??? j'ai bien du mal à comprendre la ligne , si ligne il y a !!!