Le patronat entre en guerre contre le compte pénibilité

le
4
LE PATRONAT JUGE LE COMPTE PÉNIBILITÉ INAPPLICABLE
LE PATRONAT JUGE LE COMPTE PÉNIBILITÉ INAPPLICABLE

PARIS (Reuters) - Le patronat est entré en résistance contre le compte pénibilité, dont un nouveau volet prend effet le 1er juillet, en menaçant de ne pas appliquer ce dispositif de prévention des conditions de travail pénibles.

"Nous ne savons pas appliquer la loi (...) Sur les six nouveaux critères, nous ne savons pas faire", a déclaré mercredi le président du Medef, lors d'une rencontre avec la presse.

"Rendez-vous dans deux jours, on ne saura pas faire (...) On a alerté le gouvernement depuis des semaines, des mois", a ajouté Pierre Gattaz, selon qui "l'administration ne sait pas faire non plus."

La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a dénoncé la position du patronat, jugeant que "la démocratie ne s'arrête pas aux portes du Medef".

"Pierre Gattaz met en difficulté les entreprises et s'attaque aux droits des Français", a-t-elle écrit sur Twitter.

Le Compte personnel de prévention de la pénibilité (CPPP), intégré au Compte personnel d'activité (CPA) créé par le projet de loi Travail en cours d'examen au Parlement, attribue des points aux salariés exposés à des conditions de travail pénibles ou à des risques professionnels.

Ce compte, plafonné à 100 points sur l’ensemble de la carrière, ouvre droit à une formation professionnelle pour accéder à un emploi moins exposé, à un passage à temps partiel sans baisse de rémunération ou à une retraite anticipée.

Dix facteurs de pénibilité ont été recensés dans le cadre de la dernière réforme des retraites.

Les quatre premiers (travail de nuit, en équipes alternées, répétitif ou à cadence contrainte et en milieu hyperbare) sont pris en compte depuis janvier 2015.

Les six autres (manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, contact avec des agents chimiques dangereux, températures extrêmes et bruit) sont censés être pris en compte à partir de vendredi.

Le patronat livre depuis le début une bataille acharnée contre un dispositif qu'il juge beaucoup trop contraignant, notamment pour les PME et très petites entreprises.

L'Union professionnelle artisanale (UPA) a demandé le report de l'application des six nouveaux facteurs de pénibilité en invoquant le fait que les "référentiels de branche" pour évaluer ces critères ne seraient pas prêts pour le 1er juillet.

La CGPME a pour sa part lancé une campagne pour démontrer, exemples à l'appui, le caractère inapplicable, selon elle, de ce dispositif, inspiré et défendu par la CFDT.

(Emmanuel Jarry avec Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • gchevrie il y a 5 mois

    Le MEDEF a raison . Y en a marre de ces administratifs qui , pour conserver leurs jobs improductifs , sortent, avec la bénédiction des politiques, des règles defiant le bon sens .

  • phili646 il y a 5 mois

    Au trou Gattaz !!!!

  • mcarre1 il y a 5 mois

    Les rédacteurs de cette loi ne connaissent strictement rien aux entreprises. Les cas de pénibilité se déclinent à l'infini, c'est ingérable pour les entreprises qui étouffent déjà sous les charges et les paperasses. Il est où le choc de simplification promis?

  • M7403983 il y a 5 mois

    Il n'y a qu'en France que l'on peu voir un Président (Hollande) pour ne pas le nommer, anti entreprises !!!!!!!!