Le patronat accepterait de discuter des contrats courts

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LES CONTRATS TRÈS COURTS SERAIENT AU MENU DES DISCUSSIONS SUR LA RÉFORME DU MARCHÉ DU TRAVAIL
LES CONTRATS TRÈS COURTS SERAIENT AU MENU DES DISCUSSIONS SUR LA RÉFORME DU MARCHÉ DU TRAVAIL

PARIS (Reuters) - Patronat et syndicats devaient discuter jeudi après-midi du recours abusif aux contrats très courts par les entreprises, un des principaux points d'achoppement des négociations sur une réforme du marché du travail qui sont dans leur dernière ligne droite, a-t-on appris de source syndicale.

La CFDT, dont la signature est indispensable pour que ces discussions entamées en octobre débouchent sur un accord, a demandé en outre à la partie patronale de renoncer à sa proposition de "contrat de projet", un CDI à durée déterminée.

"On ne peut pas ne rien faire contre l'utilisation abusive des contrats courts", a déclaré Patrick Pierron, le principal négociateur de la CFDT, en soulignant que le nombre de contrats de travail de moins d'un mois avait bondi de 86% en un an.

Les représentants du patronat, qui se refusaient jusqu'ici à évoquer la question, "ont dit avoir entendu que les contrats courts étaient un sujet incontournable et qu'on en discuterait aujourd'hui", a-t-il ajouté en rendant compte des travaux de la matinée.

Une nouvelle mouture des propositions patronales était attendue pour la session de l'après-midi, prévue à 15h00.

La précédente, remise mercredi aux syndicats, comportait plusieurs avancées, saluées comme telles par la CFDT, sur la partie sécurisation de l'emploi comme la généralisation des assurances de santé complémentaires ou le principe de la mise en place de droits rechargeables à l'assurance chômage.

LA CGT INFLEXIBLE

Pour prix de sa signature, le syndicat réclame en outre des modalités pour encadrer le recours au travail partiel et la suppression des "contrats de projet".

"Ces contrats vont à l'inverse de l'objectif de la négociation. Le CDI intermittent doit sortir du texte, autrement il n'y aura pas de signature" de la CFDT, a encore dit Patrick Pierron, qui entrevoit une poursuite des discussions vendredi.

"Je pense que c'est optimiste de penser que ça va être fini ce soir", a-t-il indiqué.

La CGT, qui a adopté une attitude dure depuis le début des négociations, a confirmé de son côté qu'elle ne signerait pas un accord fondé sur les dernières propositions patronales.

"On reste fondamentalement sur un texte qui organise la déréglementation du marché du travail", a déclaré Agnès Le Bot, responsable de la délégation du syndicat.

Quelques centaines de militants de la CGT et de FO ont manifesté jeudi à mi-journée à proximité du siège du Medef, qui était protégé par les forces de l'ordre.

"Nous sommes là pour sensibiliser, informer sur ce qui se joue dans cette négociation", a dit le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. "Nous ne pouvons pas accepter les termes par lesquels le patronat prétend bouleverser la législation du travail dans notre pays."

Invoquant les résultats d'un sondage BVA montrant que plus des deux tiers de Français considèrent qu'il faut préserver le contrat à durée indéterminée dans sa forme actuelle et près de 60% qu'il faut d'abord empêcher les employeurs de licencier aussi facilement qu'ils le font aujourd'hui, il a estimé que, dans ces dossiers, "la CGT est tout à fait en phase avec l'opinion d'une grande majorité de Français."

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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  • M5062559 le jeudi 10 jan 2013 à 16:37

    Quelle déception! On va encore avoir des lois qui vont alourdir les traitements administratifs des salariés et qui vont rendre encore moins compétitifs nos entreprises. Il y a une majorité de Français qui veulent sécuriser encore plus l'emploi. Mais cela se fera au détriment de l'emploi. On fait tout à l'envers des autres depuis 30 ans. Il faut l'expliquer au peuple français.