Le patron du FBI critiqué par ses agents dans l'affaire Clinton

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    par Julia Edwards 
    WASHINGTON, 7 novembre (Reuters) - Le directeur du FBI James 
Comey s'est retrouvé lundi sous le feu des critiques de ses 
propres agents pour sa gestion de l'affaire des courriels privés 
d'Hillary Clinton, mais conserve, pour l'instant, le soutien de 
la Maison blanche. 
    Dans un ultime rebondissement, le FBI a annoncé dimanche 
avoir refermé le dossier des courriels privés utilisés par 
Hillary Clinton quand elle était chef de la diplomatie 
américaine, dix jours après l'avoir rouvert, et a dit s'en tenir 
à sa décision annoncée en juillet de ne pas recommander de 
poursuites pénales contre la candidate démocrate à la 
présidentielle.   
    Cette annonce, faites deux jours avant l'élection 
présidentielle, ainsi que la façon générale dont le FBI a géré 
l'affaire, a suscité les critiques des élus démocrates au 
Congrès, tandis que le camp républicain s'interrogeait sur la 
raison d'une fin si rapide de la nouvelle enquête. 
    "Les agents de terrain du FBI ont ressenti l'effet induit 
des critiques adressées au directeur Comey en conséquence de 
l'affaire des emails de Clinton", a déclaré Jon Adler, président 
de la Federal Law Enforcement Officers Association Foundation 
qui représente plus de 3.500 policiers fédéraux. 
    Il a ajouté que certains agents désapprouvaient la façon 
dont James Comey avait géré l'enquête et estimaient qu'il devait 
démissionner, tandis que d'autres, tout en le soutenant, 
n'appréciaient pas de se retrouver au milieu des tirs croisés 
des politiques. 
    Le porte-parole de la FBI Agents Association a déclaré pour 
sa part que les quelque 13.000 agents spéciaux actifs ou anciens 
qu'elle représente sont devenus les victimes d'"attaques 
injustifiées" concernant leur intégrité. 
    "Les insinuations selon lesquelles les agents ne respectent 
pas la confidentialité de ces enquêtes sont tout simplement 
fausses", a déclaré le président de l'association, Thomas 
O'Connor. 
    James Comey conserve pour l'instant le soutien de Barack 
Obama de qui dépend son poste. "Le président considère le 
directeur Comey comme un homme intègre, un homme de principes", 
a déclaré le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest, 
lors d'un point de presse lundi. 
    "L'opinion du président à son sujet n'a pas changé (...). Il 
continue d'avoir confiance en sa capacité à diriger le FBI." 
    Le directeur du Bureau fédéral d'enquêtes est nommé par le 
président et confirmé par le Sénat pour une durée de dix ans. Un 
seul directeur a été remercié dans l'histoire récente. Il s'agit 
de William Sessions, limogé par le président Bill Clinton en 
1993. Il était apparu que le directeur utilisait un avion du FBI 
pour ses déplacements personnels, entre autres pratiques 
contraires à l'éthique. 
    Le directeur du FBI Louis Freeh a démissionné en 2001, deux 
ans avant la fin de son mandat dans le cadre de l'affaire Robert 
Hanssen, un ancien dirigeant du FBI accusé d'espionnage pour le 
compte de l'Union soviétique et de la Russie et qui avait réussi 
à ne pas éveiller de soupçons pendant 15 ans.   
 
 (Avec Jeff Mason, Mark Hosenball et Julia Harte; Danielle 
Rouquié pour le service français) 
 
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