Le patron de WPP veut calmer le jeu concernant sa rémunération

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Le patron de WPP veut calmer le jeu concernant sa rémunération
Le patron de WPP veut calmer le jeu concernant sa rémunération

par Kate Holton et Paul Sandle

PARIS (Reuters) - Le patron de WPP a adopté un ton plus conciliant jeudi, au lendemain du rejet par les actionnaires du numéro un mondial de la publicité d'une résolution sur le montant de sa rémunération, affirmant qu'il comprenait que les inégalités puissent provoquer des réactions fortes en période de récession.

Martin Sorrell est le dernier dirigeant en date à s'être frotté à la grogne des actionnaires, qui ont rejeté à une forte majorité - de 60% - une résolution sur son salaire 2011, lors de l'assemblée générale de WPP qui s'est tenue mercredi.

Ce vote sur la rémunération est non contraignant.

Le directeur général avait auparavant répondu à ces critiques en disant qu'il méritait sa paie de 6,8 millions de livres (8,4 millions d'euros) pour avoir fait de WPP le numéro un mondial du secteur, avec plus de 160.000 salariés répartis dans 108 pays.

A l'occasion du Sommet des médias et des technologies organisé par Reuters à New York, Londres et Paris du 11 au 14 juin, Martin Sorrell semblait plus conciliant, indiquant que WPP chercherait à trouver un compromis pour l'avenir.

"Il est évident que nous étions déçus par ce vote. Nous en comprenons les implications et les actionnaires se sont exprimés. Le président et d'autres vont parler avec les actionnaires de leur préoccupation", a-t-il dit.

A la question de savoir s'il était blessé par cette rebuffade publique au sein d'un groupe qu'il a fondé en 1985, Martin Sorrell a dit non.

"Les gens sont inquiets parce qu'il y a une récession, ils s'inquiètent des inégalités, inégalités de richesse et de revenus. En période de récession, les gens sont davantage préoccupés par cela, on le voit au niveau politique."

Ce nouveau conflit intervient alors que des patrons de groupes britanniques de distribution comme Sainsbury et Tesco ont accepté de diminuer leur rémunération et que la révolte gronde contre les salaires des dirigeants de groupes comme Barclays, Inmarsat ou Prudential.

Ce mouvement, surnommé "le printemps des actionnaires", a incité des dirigeants comme Andrew Moss d'Aviva et Sly Bailey du groupe de presse Trinity Mirror à démissionner.

Comme beaucoup d'autres, Martin Sorrell est prudent en ce qui concerne l'année 2013, dans un contexte de poursuite de la crise de la dette en Europe et de ralentissement aux Etats-Unis.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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