Le patron de VW aux USA informé depuis 18 mois d'un problème

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LE PATRON DE VW AUX USA INFORMÉ DEPUIS 18 MOIS D'UN PROBLÈME
LE PATRON DE VW AUX USA INFORMÉ DEPUIS 18 MOIS D'UN PROBLÈME

par Andreas Cremer

BERLIN (Reuters) - Le patron de Volkswagen aux Etats-Unis dira jeudi à une commission du Congrès américain avoir été informé au printemps 2014 du fait que le constructeur allemand violait peut-être les règles des tests d'émissions des moteurs diesel dans ce pays.

Dans un témoignage écrit soumis à une commission du Congrès à la veille de son audition, le PDG de Volkswagen Group of America, Michael Horn, précise : "Au printemps 2014 (...) j'ai été informé qu'il y avait une éventuelle non conformité en termes d'émissions à laquelle il pourrait être remédié."

"J'ai aussi été informé que des ingénieurs de la société travailleraient avec les agences pour résoudre le problème", ajoute-t-il, sans préciser l'identité de ses informateurs.

D'après ce témoignage, le problème a donc fait surface au moins 18 mois avant que Volkswagen reconnaisse le mois dernier devant les autorités de régulation américaines avoir utilisé un logiciel permettant de truquer les tests, une nouvelle qui pourrait alimenter les critiques mettant en cause la lenteur des réactions du groupe allemand face au scandale.

Le premier constructeur automobile européen fait désormais l'objet de fortes pressions pour nommer des responsables, mettre ses véhicules en conformité et préciser quand et où il y a eu manipulation des tests anti-pollution.

Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui cite le constructeur automobile lui-même, écrit jeudi que le logiciel utilisé par VW aux Etats-Unis était également en fonction sur des véhicules en Europe.

Le groupe a précédemment annoncé que, bien que le logiciel ait été installé sur environ 11 millions de véhicules diesels dans le monde, il n'était pas actif sur la majorité d'entre eux.

Il n'a pas été possible de joindre Volkswagen dans l'immédiat pour obtenir des précisions.

Ce n'est pas avant le 3 septembre 2015 que Volkswagen a dit aux régulateurs américains avoir installé un dispositif de trucage sur certains moteurs diesel afin de masquer le véritable niveau d'émissions de gaz polluants. Les autorités américaines ont rendu publics ces actes répréhensibles le 18 septembre.

Le scandale a effacé plus du tiers de la capitalisation de VW, contraint son président du directoire à la démission et poussé son nouveau patron à évoquer la possibilité de réductions d'emplois "massives".

Dans son témoignage écrit avant son audition, Michael Horn explique que le groupe a retiré la demande de certification de ses modèles 2016 aux Etats-Unis car la présence d'un composant de logiciel aurait dû être déclarée aux autorités fédérales et californiennes. Il ne donne pas davantage de détails, ajoutant que le processus de certification se poursuivait.

VW a suspendu plus de dix responsables, dont trois ingénieurs, dans le cadre d'une enquête interne et le groupe a engagé le cabinet d'avocats américain Jones Day pour mener une enquête externe.

(Andreas Cremer, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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