Le patron de la PJ parisienne mis en examen et suspendu

le
0

* Mis en examen pour violation du secret de l'instruction * Trois scandales ont éclaboussé la PJ en moins d'un an * Vers une réforme structurelle du "36" ? (Actualisé avec Manuel Valls, réactions) PARIS, 6 février (Reuters) - La mise en examen du patron de la police judiciaire parisienne, une première au mythique "36 quai des Orfèvres", ternit un peu plus l'image d'une institution déjà ébranlée en 2014 par deux scandales, dont une rocambolesque affaire de vol de cocaïne. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a aussitôt suspendu Bernard Petit et annoncé le nom de son potentiel successeur, le patron de la PJ marseillaise, Christian Sainte. Il n'a pas encore tranché la question d'une éventuelle remise en ordre de la PJ parisienne, a dit son entourage. Bernard Petit a été mis en examen pour violation du secret de l'instruction et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer ses fonctions. La justice lui reproche des faits de "révélation d'informations sur une instruction dans le but d'entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité". "Bernard Petit est un grand policier mais quand on exerce cette mission il ne peut y avoir le moindre doute", a déclaré vendredi à Orléans le Premier ministre Manuel Valls. Richard Atlan, le directeur de cabinet de Bernard Petit, a été mis en examen pour les mêmes chefs et Philippe Lemaître, secrétaire administratif détaché à l'Association nationale d'action sociale au ministère de l'Intérieur (Anas) pour complicité de trafic d'influence et recel de violation du secret de l'instruction. La garde à vue se poursuivait vendredi pour le président de l'Anas, Joaquin Masanet. "MAUVAISE CONJONCTION ASTRALE" Les quatre hommes sont soupçonnés d'avoir transmis au fondateur du GIGN Christian Prouteau des informations sur l'enquête dont il est l'objet dans le cadre d'un dossier de trafic d'influence visant Christophe Rocancourt, déjà mêlé à plusieurs affaires d'escroquerie aux Etats-Unis et en France. Christophe Rocancourt est accusé d'avoir extorqué plusieurs milliers d'euros à deux soeurs marocaines menacées d'expulsion contre la promesse d'obtenir leur régularisation. Les deux femmes, ne voyant rien venir, ont porté plainte. Selon une source proche de l'enquête, l'escroc présumé, mis en examen le 9 octobre dernier, a dit avoir approché Christian Prouteau et l'ancien secrétaire d'Etat socialiste aux Affaires sociales et à l'Intégration (1991-1993) Kofi Yamgnane. Le premier, a-t-il déclaré aux enquêteurs, devait intervenir auprès du préfet de police et le second auprès du ministre de l'Intérieur. Tous deux ont aussi été mis en examen. Cette affaire est la troisième à éclabousser la célèbre PJ parisienne en moins d'un an après le viol présumé d'une touriste canadienne dans les locaux de la brigade de recherche et d'intervention en avril, puis le vol de 52 kg de cocaïne dans les scellés trois mois plus tard. En 2013, une autre affaire avait déjà ébranlé le "36" quand Christian Flaesch, le prédécesseur de Bernard Petit, avait été démis de ses fonctions pour avoir téléphoné à l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux pour lui annoncer qu'il devait être convoqué dans une affaire liée à Nicolas Sarkozy. "Il ne faudrait pas que cette mauvaise conjonction astrale entraîne une réforme structurelle du '36', qui reste l'une des plus belles mécaniques de la police nationale", dit Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat policier Synergie-officiers, dans Le Figaro.fr. La PJ parisienne pourrait faire l'objet d'une profonde réorganisation à l'occasion de son déménagement programmé dans le quartier des Batignolles, à Paris. (Jean-Baptiste Vey et Gérard Bon, avec Mourad Guichard à Orléans,; édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant